C'est un assassinat virtuel, intellectuel, car Bismarck est mort en 1898. Mais c'est tout de même la seconde mort de Bismark que Macron est peut-être en train de planifier.

Otto Von Bismarck, chancelier d'Allemagne, photographié ici en 1898
Otto Von Bismarck, chancelier d'Allemagne, photographié ici en 1898 © Getty / Estate of Emil Bieber / Klaus Niermann

Par Etienne Gernelle

Il existe en gros deux types de protection sociale :

  1. le modèle bismarckien, fondé sur une assurance professionnelle, et financé par des cotisations sur le travail. 
  2. le modèle Beveridgien, qui doit son nom à l'économiste William Beveridge, lequel n'est pas lié au travail, mais,sur une assistance universelle, et donc financé par l'Etat, donc l'impôt.

En France, la sécurité sociale est d'essence plutôt bismarckienne, car ce sont les cotisations sur le travail qui la financent majoritairement , mais nous avons aussi une grosse couche Beveridgienne, avec du financement de l'Etat derrière. 

Ce qui semble enclenché, notamment pour l'assurance chômage, c'est que l'Etat reprenne la main au détriment des partenaires sociaux - patronat et syndicats -, dont le rôle dans la gestion du système est justifié par la gestion des cotisations sur le travail. 

Tout cela n'est pas un détail , car c'est toute la philosophie de notre protection sociale qui changerait... 

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