Le siège historique du PS est mis en vente. Un plan social est lancé. Rue de Solferino, c’est la déprime...

Par Marcelo Wesfreid.

C’est la dépression collective, chez les permanents, les petites mains. Beaucoup ne viennent plus travailler. Se mettent en arrêt maladie. Les poubelles s’entassent dans les bureaux. Chacun, sur son portable, consulte les listes de postes supprimés. Il y en aura une soixantaine : les gardiens, les chauffeurs, des assistants, plusieurs comptables. Certains ont même carrément demandé à Hollande d’intervenir pour ne pas se faire virer.

Après tout, il leur doit bien. Car, en ce moment, c’est le petit personnel qui trinque, qui paie les mauvais résultats électoraux. Trop de défaites, plus d’argent dans les caisses. Il y aura une quarantaine de rescapés seulement. Les autres commencent à préparer des CV. Mais comme l’a dit un permanent : 

Je ne suis pas sûr que ce soit très vendeur d’être passé par le PS.

Personne n’avait anticipé une telle dégringolade. Rendez-vous compte. Il y a six mois, les socialistes étaient encore au pouvoir. Et quand Hollande a quitté l’Elysée, il est passé faire une halte dans son ancienne maison. Sur la façade Solferino, on avait déployé une banderole : « Merci François ! ». 

Les représentants du personnel réclament un meilleur plan social

Pour l’instant, la prime extra légale, qui s’ajoute aux indemnités de licenciement, sera de 5.000 euros. Pas grand-chose quand on a vingt ans de boutique… Les permanents réclament plus. Surtout si le siège de Solferino se vend bien. 3.000 mètres carrés dans le 7ème. : un bel hôtel particulier.

Il y a un autre point qui ulcère les permanents. C’est que les dirigeants actuels du PS ont prévu de ne pas dépenser tout ce qu’il leur reste pour le plan social. Parce qu’ils veulent laisser de l’argent pour budgéter la prochaine présidentielle. Préparer la présidentielle de 2022. Comme si de rien n’était. Pour des gens qui vont se retrouver au chômage en février, c’est inaudible. Choquant. D’autant qu’ils ont vu Macron l’emporter, en levant des fonds auprès des particuliers, au dernier moment. 

Et dans les fédérations, la situation est bien pire

Avec beaucoup moins d’accompagnement financier. Et quasiment plus de mairies socialistes qui peuvent recaser ces permanents.

Le résultat, c’est la fin d’un monde.  Il va falloir archiver des tonnes de documents, entassés dans les sous sols de Solférino. Il n'y aura pas de place dans le nouveau siège, ni à la fondation Jean-Jaurès, liée au PS. Des boxs vont, du coup être loués. Pour garder la mémoire d'un temps, pas si lointain, où il y avait des socialistes. 

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