La dette française a atteint 2000 milliards d’euros. La droite multiplie les propositions d’économies drastiques

La droite commence à affuter ses arguments et ses propositions comme si on s’approchait de la présidentielle. Pourtant nous sommes très loin de l’échéance. Aujourd’hui François Fillon présente ses propositions pour réduire les déficits. On ne pouvait pas mieux tomber, puisque la dette publique vient d’atteindre, vous l’avez dit, des sommets « himalayesques ». Et son projet est des plus radicaux, il veut par exemple supprimer les frais de notaires sur les droits de mutation, établir le principe d’une dégressivité de l’assurance chômage, et adopter la retraite à 65 ans. Comme Nicolas Sarkozy ne veut pas courir derrière son ancien premier ministre, il a lui aussi commencé à multiplier les annonces lors de son premier meeting. Il va continuer en fin de semaine dans une interview à la presse écrite.Ca c’est pour l’opposition ..

Pendant ce temps François Hollande semble, lui, fier de ses plans d’économies...

Hier, lors de la remise du prix de l’audace créatrice, il avait même l’air tout guilleret. Il avait sa tête des bons jours. A vrai dire, François Hollande souffle. Il revient à son optimisme légendaire après le pire mois politique de sa carrière de président. Il se retrouve devant des difficultés politiques plus classiques. Cela explique peut-être sa bonne humeur. On a même noté qu’il n’était pas mécontent que le pays se cabre un peu quand il annonce qu’il fait des économies…Hier à l’Elysée, il en a profité pour ciseler ce message, écoutez-le :

Hollande assume le mécontentement des français … Il a fait son deuil des sondages, et il est devenu un peu masochiste. En tout cas, c’est désormais son seul agenda en politique intérieure. Pendant que la droite piaffe, et exige toujours plus, Hollande veut se montrer à la tâche, très loin des polémiques. Un proche me disait « On ne s’attend pas à ce que François Hollande bénéficie du retour de Sarkozy, la seule chose qui peut le sauver c’est l’action, l’action, et encore l’action ». Il veut tracer son étroit sillon, indépendamment de ce que peuvent en dire la droite et une partie du PS.

Ca veut dire qu’il va continuer de trancher dans le vif ? Pour le moment, la grève des pharmaciens, des notaires, ou l’indignation des familles nombreuses ne ressemblent pas encore au cri de rage qu’on a entendu en 1995. Où sont les manifestations ? Où est-elle la grève générale ? Hollande a raison, pour que l’action soit visible, il faut qu’elle provoque des mécontentements. Le plan Hartz IV mis œuvre par Gerhard Schröder en 2003 a mis dans les rues plus d’un million d’allemands. Même les syndicats allemands, d’habitude si raisonnables, avaient refusé de suivre le chancelier allemand. François Hollande a donc encore beaucoup de marge avant d’être dans « l’action, l’action et encore l’action ».

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.