La plupart des sondages donnent le Rassemblement National au coude à coude avec la République en Marche aux élections européennes. Mais une fois de plus, c’est la justice qui risque de rythmer la prochaine campagne électorale du parti de Marine Le Pen.

Pendant la campagne présidentielle de 2017 Marine Le Pen avait refusé de se rendre à la convocation d’un juge… C’est même histoire qui risque de plomber sa campagne européenne. Une affaire d’assistants au parlement de Strasbourg qui en fait travaillaient pour ce qui s’appelait à l’époque le Front National. Plusieurs millions d’euros auraient ainsi été détournés des caisses européennes. Car malgré les cris d’orfraie poussés par Marine le Pen et ses amis contre les juges, l’enquête a largement avancé, avec une kyrielle de mises en examen qui risquent fort de finir devant un tribunal correctionnel.  

Cette semaine Marine Le Pen a parlé de victoire quand la Cour d’appel a ramené de 2 à 1 millions d’euros la saisie des aides publiques à son parti

Il fallait oser dire le contraire de ce que venait décrire la cour d’appel. En réalité ces magistrats ont bel et bien validé le principe de la saisie par les juges d’instruction de cet argent public, ce que contestait Marine Le Pen. Remarquons qu’elle s’était rangé à l’évidence et avait changé de stratégie de communication ce week-end, puisqu’elle a annoncé hier sur cette antenne qu’elle allait saisir la cour de cassation. Au-delà des fariboles des cadres du Rassemblement national, et des sempiternels discours de dénonciation de juges rouges ou aux ordres, la justice fait son travail, à son rythme. Et ce travail - les magistrats n’y peuvent rien - va forcément venir heurter de plein fouet la campagne des élections européennes.  

Cette enquête risque-t-elle d’avoir des incidences sur cette campagne et sur le vote de sympathisants ? 

Des incidences sur la campagne à coup sûr, car il est à parier que Marine Le Pen devra régulièrement venir clamer son innocence et hurler au complot devant les micros dans les prochains mois. Rien de très extraordinaire… En revanche en ce qui concerne le vote des électeurs, force est de constater que depuis des années celui-ci n’a guère été influencé par les affaires. C’est même assez curieux de constater, qu’à la différence des autres partis traditionnels, les électeurs de l’ex Front National ne sont guère influencés par ses déboires judiciaires du parti… Comme s’ils croyaient à son discours de victimisation. Reste à savoir si cette fois avec l’accumulation, la ficelle complotiste ne sera pas un peu trop grosse.

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