à la rochelle, manuel valls, revendique un état d’esprit positif
à la rochelle, manuel valls, revendique un état d’esprit positif © reuters

Les astuces de communication du gouvernement sur la question très sensible des impôts sont, pour l'instant assez efficaces. On pourrait dire qu'Arnaud Montebourg et Christiane Taubira ont presque rendu service au gouvernement.Pendant qu'on parle des crêpages de chignons au PS et qu'on se demande si la ligne est « social-démocrate » ou « social-libérale », on ne parle pas des augmentations d'impôt .

Et ça, ça arrange plutôt le gouvernement, qui fait le gros dos. Il sait très bien que des millions de contribuables se sont arraché les cheveux en découvrant cet été leur avis d'imposition ! L'année dernière, à la rentrée, on avait eu la grosse boulette de Pierre Moscovici sur le « ras-le-bol fiscal », puis la maladresse de François Hollande sur la fameuse « pause fiscale ».

Cette année, pas de fausse note, pas de couac. Cette fois, c'est silence radio sur les hausses d'impôt . Pas un mot. Les ministres, on les entend plutôt sur les baisses d'impôt accordées aux 4 millions de ménages les plus modestes, mais très peu sur la facture plutôt gratinée pour tous les autres. Il y en a qui s'en tire très bien à ce petit jeu, c'est Manuel Valls. A chaque fois que le Premier ministre fait un discours, il arrive toujours à caser une phrase pour dire que : « trop c'est trop, trop d'impôt tue l'impôt ! » C'est ce qu'on appelle un « élément de langage ». Il l'a encore fait hier à La Rochelle. On l'écoute :

C'est un bon communicant, Manuel Valls. Ca fait cinq mois seulement qu'il est à Matignon et, l'air de rien, il est en train d'imposer l'idée que l'homme qui baisse les prélèvements obligatoires, c'est lui, et que celui qui les augmente, c'est l'autre. Le danger, pour François Hollande, c'est de rester dans l'imaginaire populaire comme « le président du matraquage fiscal ».

Voilà pour la c'est la com' du gouvernement. Mais est-ce que ça convainc les Français ? Il suffit d'aller sur les réseaux sociaux. Et là, les twittos se déchaînent, pas seulement les plus favorisés. On trouve des familles, des petits retraités qui se disent complètement « étranglés », « asphyxiés ». D'autres préfèrent voir le bon côté des choses. Je vous en cite un qui m'a fait sourire : « à cause des impôts, je ne pourrai pas aller voir ma belle-mère pour les vacances de Noël. Merci François ! »

Un député m'a aussi rapporté cette phrase entendue sur un marché : « avec Hollande, c'est travailler plus pour raquer plus ! »

Enfin, je constate qu'on n'entend pas non plus la droite sur les impôts. Elle sait bien qu'elle est en partie responsable des augmentations. Et qu'elle n'aurait sans doute pas fait mieux si elle avait été au pouvoir.

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