Manuel Valls et Emmanuel Macron vont sans doute imaginer la gauche de demain. Entre eux, le combat a déjà commencé.

Le Premier ministre, Manuel Valls et le ministre de l'Économie, Emmanuel Macron, visitant Airbus à Hamburg, le 22 septembre 2014
Le Premier ministre, Manuel Valls et le ministre de l'Économie, Emmanuel Macron, visitant Airbus à Hamburg, le 22 septembre 2014 © Axel Heimken/DPA/MAXPPP

Je ne vais pas revenir sur l'état de décomposition de la gauche, on en a beaucoup parlé. Non, je voulais vous parler du match qui se dessine en coulisses entre Valls et Macron, qui regardent tous les deux ce champ de ruines et qui imaginent, déjà, ce qu'ils vont bien pouvoir en faire.

Quand on pose la question, on nous dit que c'est un fantasme de journalistes qui ont « fumé la moquette », qu'ils sont copains comme cochons. Et pourtant, voici ce que me confiait un proche du Président : « Valls est en train de se filloniser, Macron lui a piqué la palme de la modernité ! ».

C'est vrai qu'ils ont la même ambition, Valls et Macron : construire la gauche de demain, réformiste, progressiste, débarrassée de ses oripeaux gauchistes. Et ça, ça agace les amis de Valls, parce que deux hommes sur le même créneau, c'est trop ! Ca explique en partie le recadrage du Premier ministre ce week-end sur les 35 heures, qu'il voulait lui aussi « déverrouiller »...

Ils sont bel et bien sur le même calendrier, parce qu'ils pensent tous les deux très fort à l'Elysée. Je vais vous raconter une anecdote qu'on m'a rapportée, en « triple OFF », qui illustre bien les grandes ambitions de « bébé Macron ». Un homme le croise un jour : « En 2022, je vote pour Valls, et en 2027 je vote pour vous ! »

Réponse de Macron, qui en dit long : « Eh bien je vais accélérer ! ».

Certes, ils ne boxent pas dans la même catégorie. Mais les choses pourraient bien s'accélérer après 2017. Si Hollande gagne, beaucoup murmurent que Macron ferait un excellent Premier ministre, alors que Valls n'a pas de point de chute à part sa circonscription d'Evry. Et si Hollande perd, on peut imaginer qu'ils vont revendiquer tous les deux le leadership de la gauche.

Macron au ministère du Travail : cela a -t-il vraiment été envisagé ?

En tout cas, une partie de l'Elysée y a pensé, même si ce serait un bras d'honneur aux syndicats. Et puis les amis de Valls ont fait passer des messages. A commencer par le patron du PS, Jean-Christophe Cambadélis, qui disait dimanche : « Macron au Travail ? Mais c'est lui qui est déjà chargé de la situation du chômage à Bercy, non ? » Sous-entendu : si Hollande ne peut pas se représenter, ce sera la faute de Macron !

Et qu'est-ce qu'il pense de tout ça, le Président ? Il semblerait que ça l'amuse. Macron, c'est sa créature. S'il l'a mis là, c'est peut-être aussi pour freiner les ambitions de Valls.

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