Par Renaud Dély

 Nicolas Sarkozy à l'université d'été du MEDEF le 31 août 2016 à Jouy-en-Josas, France
Nicolas Sarkozy à l'université d'été du MEDEF le 31 août 2016 à Jouy-en-Josas, France © Getty / Aurelien Meunier

A droite, tout le monde est bien content que François Fillon ait osé parler le week-end dernier du sujet tabou de la primaire: les affaires de Sarkozy.

Officiellement, évidemment. Lundi ils étaient tous choqués, outrés, presque bouleversés. La veille, Fillon avait donc le premier osé taper sur les casseroles de Sarkozy. Et ça avait fait un sacré boucan. L’ancien Premier ministre avait dégainé ces deux phrases : «Il ne sert à rien de parler d’autorité quand on n’est pas soi-même irréprochable». Puis, la fameuse question : «Imagine-t-on le général de Gaulle mis en examen ?»

Rappelons que Nicolas Sarkozy n’est pas Général, mais qu’il a été, lui, deux fois mis en examen. D’une part pour financement illégal de sa campagne électorale de 2012 dans l’affaire Bygmalion, un délit puni de dix ans d’emprisonnement et 150 000 euros d’amende. D’autre part, pour corruption active, trafic d’influence et recel de violation du secret professionnel dans l’affaire dite des écoutes, celle de Paul Bismuth.

Il faut dire que Sarkozy et les affaires, c’est un sujet qui lui tient à cœur. Souvenez-vous, Catherine, du fameux déjeuner de Fillon avec Jean-Pierre Jouyet, une entrevue qui avait donné lieu à polémique, et même à procès.

En on c’est vrai, aucun des rivaux de Fillon ne dégoupille comme lui. Grand supporter de Juppé, Jean-Pierre Raffarin, l’a dit et répété avant-hier ici même sur France Inter : pas question de balancer ce genre de boules puantes pour dézinguer Sarkozy. Rappelons que Juppé est un rien gêné aux entournures puisqu’il a lui-même été condamné dans l’affaire des emplois fictifs du RPR, même si tout le monde sait qu’il a payé pour un système, et même pour protéger un homme, Jacques Chirac.

Mais en off, donc, je peux vous garantir que les concurrents de Sarkozy ne se privent pas pour le plomber. « Il faut remercier François Fillon, avoue un proche de Juppé. Il a eu le courage de poser la seule vraie question de la primaire : Peut-on prendre le risque de désigner un candidat susceptible d’être traduit devant les tribunaux ? » De fait, il y a sur ce sujet aussi une entente tacite entre Fillon et Juppé.

Bruno Le Maire, lui, ce qu’il préfère, c’est pointer les liens étroits, et étranges, de Nicolas Sarkozy avec les monarchies du Golfe. Il tient une compatibilité précise des voyages de l’ancien Président au Qatar ou en Arabie Saoudite et des conférences grassement rémunérées qu’il y a prononcées.

Quant à Jean-François Copé, avec les factures de Bygmalion, il se murmure qu’il détiendrait carrément l’arme nucléaire capable d’anéantir Sarkozy. Et Copé ne manque jamais de répéter que si lui avait été mis en examen, il ne se serait pas présenté à la primaire… Comme de Gaulle !

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