« Manuel Valls à Matignon est-il capable de parler d’économie » ?

manuel valls consulte pour composer son gouvernement
manuel valls consulte pour composer son gouvernement © reuters

Oui. François Hollande, n’a qu’une obsession : inverser durablement la courbe du chômage grâce au fameux pacte de responsabilité. Le reste, il ne faut pas se mentir, est passé au second plan depuis longtemps. Or ce qu’on connaît de Manuel Valls, c’est d’abord son penchant pour les questions institutionnelles. En 2011, il avait animé un forum sur la rénovation des institutions. La République est un thème qui lui est cher. Et puis, depuis l’arrivé de la gauche au pouvoir, on sait qu’il a multiplié les prises de positions : sur les Roms, sur le droit de vote des étrangers, dans l’affaire Dieudonné. Il s’est au passage mêlé de la réforme pénale de Christiane Taubira… Et puis il a mis l’accent sur la lutte contre la délinquance…

Certes, on pourra répondre qu'il était ministre de l’Intérieur, et que c’est donc normal qu’il se soit concentré sur ces sujets là. Mais cela laisse planer un gros doute : dans quelle mesure est-il capable de mener à bien la grande mission du quinquennat, qui est le redressement économique du pays ? J’ai posé récemment la question à l’un de ses proches qui a un peu balayé en disant : « Il faut accompagner la transformation du Poste de Premier ministre. On attend une autorité naturelle. Pas quelqu’un qui soit le spécialiste de tout et sur tout. » Mais hier, Manuel Valls a montré qu’il savait, lui, que c’était un vrai sujet, un sujet crucial. Comment ? En nommant Véronique Bédague-Hamilius directrice de cabinet. Le profil de cette énarque est 100 % éco : elle a travaillé à Bercy avec Laurent Fabius, au FMI aussi. Elle a été directrice des Finances à la Mairie de Paris. Et depuis mars, elle était directrice d’Ubifrance, agence française pour le développement international des entreprises. Elle doit apporter à Manuel Valls son expertise, sa réflexion, mais surtout sa crédibilité. Parce qu’honnêtement, il en manque en la matière. Je vous livre ce qu’un ministre de premier plan m’a dit en septembre dernier : « Valls, une fois qu’on évacue le thème de la sécurité il ne reste pas grand chose. Sur les questions économiques et sociales, il est faible. »

Manuel Valls a peu parlé d’économie p endant son passage à l’Intérieur.

À l’été 2013, lors d’un discours en Camargue, il a défendu le sérieux budgétaire pour lutter contre le poids de la dette. Il a aussi évoqué l’idée de mutualiser les dettes des pays de la zone euro. Mais c’est surtout avant, quand il était dans l’opposition, qu’il avait une ébauche de discours économique… Qui ne plaisaient pas du tout, mais alors pas du tout, à la grande majorité des socialistes ! Souvenez-vous, il voulait déverrouiller les 35 heures. Il défendait la TVA sociale de Nicolas Sarkozy. Il défendait aussi la règle d’or, toujours de Nicolas Sarkozy, qui prévoyait d’aller à l’équilibre des comptes en passant par la rigueur. Je peux vous dire que s’il ressort ce type de discours aujourd’hui, l’aile gauche qui n’est déjà pas très contente, saura l’accueillir.

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