Cette figure politique et médiatique de la gauche radicale a ressurgit à l'occasion du mouvement de grèves qui commence.

Par Renaud Dély

Un revenant, un retraité de 44 ans à peine, une figure de « l’ancien monde » politique qui a quand même gardé son côté juvénile : Olivier Besancenot. Des  années qu’on avait plus entendu parler du porte-parole du NPA, le nouveau parti anti-capitaliste. Il avait connu un petit moment de spleen, s’était mis en retrait, et il avait cédé sa place à Philippe Poutou lors des deux dernières élections présidentielles et voilà donc qu’Olivier Besancenot que beaucoup surnomment le facteur, réapparait ! Un retour qui confirme au passage ce qu’on sait depuis déjà longtemps : le facteur sonne toujours deux fois !

Quel rôle peut jouer Olivier Besancenot dans le contexte social actuel ?

Depuis déjà quelques semaines déjà, il s’agite, rencontre les cheminots un peu partout, fréquente les dépôts SNCF, et surtout discute avec des responsables écologistes, mélenchonistes ou avec les hamonistes du mouvement Génération-s. En fait, s’il est remonté sur son petit vélo, c’est parce qu’avec les mouvements sociaux, Besancenot est comme un poisson dans l’eau. Il a toujours préféré les manifs aux élections. Et il a gardé une bonne cote de popularité à gauche. Pour toute une frange de l’opinion, en terme d’image, Besancenot c’est un peu l’héritier de Dany Cohn-Bendit. Un trublion un agitateur à la grande gueule et à la bonne bouille… Et comme on commémore les 50 ans de mai 68, sait-on jamais ? Besancenot  peut consolider la sympathie du mouvement de grèves de cheminots dans l’opinion.

Olivier Besancenot risque-t-il marcher sur les plates bandes de Jean-Luc Mélenchon ?

C’est sûr que pour le patron de la France Insoumise, ce retour n’est pas forcément une bonne nouvelle. Parce que le facteur du NPA, lui, il peut défiler main dans la main avec les syndicats sans les inquiéter alors qu’on sait que Philippe Martinez, Laurent Berger et les autres dirigeants syndicaux sont passablement agacés par la rudesse de Jean-Luc Mélenchon qui n’hésite pas à critiquer vertement leur mollesse ou leurs divisions.  Olivier Besancenot, lui, peut essayer de jouer le rôle de passerelle entre les morceaux de la gauche émiettée comme entre les partis et les syndicats.

Évidemment, le problème, c’est qu’il y a quand même comme un air de déjà vu. Hé oui, tout ça fait déjà un peu « ancien monde » quand on songe que le jeune trotskiste à bicyclette, malgré ses airs d’éternels jeune homme était déjà candidat à la présidentielle en 2002, l’année où le jeune étudiant Macron entrait tout juste à l’ENA.

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