C’est le dernier déplacement du grand débat: le 16ème et dernier épisode. On pourrait penser qu’avoir choisir Cozzano, ce petit village dans la montagne, c’était une façon pour Emmanuel Macron de finir les consultations en beauté. La vraie carte postale.

Cette séquence était en fait prévue en mars, mais elle a dû être reportée. A cause des tensions politiques. L’île est dirigée par une coalition nationaliste.  D’un côté, Gilles Simeoni, l’autonomiste qui dirige l’exécutif corse… et de l’autre l’indépendantiste Jean-Guy Talamoni. Lui, il dirige l’assemblée de Corse. Or, entre ces deux mouvances, c’est la surenchère. Beaucoup de nationalistes ont déjà annoncé qu’ils boycotteront le débat de jeudi. Il y a aussi des appels à la grève. Pour faire baisser la tension, Emmanuel Macron s’est exprimé aujourd’hui dans Corse matin. 

Pour ne rien arranger, la situation sécuritaire est en train de déraper… 

Rien à voir a priori avec les gilets jaunes, qui ne sont pas aussi puissants qu’en métropole. Non, il s’agit d’engins explosifs découverts devant deux centres des impôts à Bastia. La section antiterroriste du parquet de Paris est saisie. Il y a aussi depuis quelques semaines, des plasticages de villa. Alors que ça s’était calmé.  Bref, les pouvoirs publics sont sur les dents. Et ont appelé des gendarmes à la rescousse. Pas moins de huit escadrons viennent d’arriver…    

Comment Emmanuel Macron gère-t-il ce dossier périlleux ?  

Il y a eu, hier, à Paris une rencontre entre les nationalistes et le ministre de l’Education Jean-Michel Blanquer pour parler de l’enseignement de la langue corse. Il y avait là aussi la ministre Jacqueline Gourault, la « madame Corse » du gouvernement. Mais cela n’a rien donné…  Quant à Macron, il a mis le paquet dès le début de son quinquennat. Il a promis d’inscrire la Corse dans la Constitution. Les nationalistes considèrent du coup que c’est acquis et réclament plus. Un statut de résident pour réserver l'achat de logements corses ou la reconnaissance de la langue corse comme l’autre langue officielle avec le français. En gros, Emmanuel Macron a abattu d’entrée de jeu sa carte maîtresse dans la négociation et aujourd’hui il n’a plus grand-chose à proposer à des nationalistes, qui sont enfermés dans des postures. Et tout ça dans un paysage politique, où les autres formations politiques ne pèsent pas grand-chose.  En clair : la dernière étape du grand débat risque d’être la plus périlleuse.   

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