Mercredi, Manuel Valls a lancé un pavé dans la mare, lors du meeting organisé par le PS contre le racisme.

manuel valls pour une réforme du droit d'asile
manuel valls pour une réforme du droit d'asile © reuters

Je vous laisse imaginer la scène : une salle de la Mutualité pleine à craquer de militants de gauche et de défenseurs des droits de l'Homme chauds comme la braise et qui ne portent pas dans leur cœur Manuel Valls, le ministre des charters et des expulsions de Roms. Et là, à la tribune, c'est le drame, le ministre de l'Intérieur rompt ce bel élan de générosité d'une petite phrase qui est passée, à ma grande surprise, totalement inaperçue.

Vous allez me dire, qu'a encore dit Manuel Valls ? Tout simplement qu'il fallait arrêter de penser que le Front national est la seule menace électorale et qu'il fallait regarder en face un phénomène qui est en train de faire, selon lui, de gros dégâts dans les banlieues : c'est la tentation du vote communautaire. On l'écoute :

Cette tentation du vote communautaire, le ministère de l'Intérieur prend ça très au sérieux.

Ca fait des semaines que les préfets et les anciens-RG font remonter des notes place Beauvau sur l'apparition de listes communautaristes aux municipales, dans le Nord-Pas-de-Calais, le sud de la France, la banlieue parisienne. C'est un phénomène qui date déjà des municipales de 2008, mais qui se consolide. Et le problème, c'est que parler de ça quand on est un homme de gauche, c'est carrément tabou. Même quand on s'appelle Manuel Valls et qu'on a été maire d'une ville de banlieue parisienne comme Evry.

Jusqu'ici donc, le vote communautaire, c'est plutôt des élus de droite, voire carrément d'extrême droite, qui en ont parlé. J'ai d'ailleurs retrouvé dans mes petits carnets ce qu'en disait Nicolas Sarkozy en "off" pendant la dernière campagne présidentielle. Je vous livre ses propos tels quels, mais je vous préviens, ça décape un peu : « quand on voit les sondages sur ce que voteraient nos compatriotes musulmans, on n'a vraiment pas envie de généraliser le droit de vote aux étrangers. Ca voudrait dire qu'on aurait dans certaines villes de banlieue des élections municipales qui se feraient sur: faut-il une mosquée ou pas ? » Manuel Valls, aujourd'hui, n'est pas loin de penser exactement la même chose !

Dans ce contexte, François Hollande n'est pas prêt d'accorder le droit de vote aux étrangers. C'était sa promesse numéro 50 : donner le droit de vote aux élections locales aux étrangers résidant en France depuis plus de cinq ans. Il y a six mois, le Président avait promis de soumettre enfin cette grande réforme au Parlement, mais après les municipales de 2014.

Le problème c'est qu'il a bien compris que, dans le climat actuel, c'est de la dynamite ! Et vous remarquerez d'ailleurs qu'à gauche, à l'exception des Verts, plus personne ne le réclame, comme si le Parti socialiste avait compris que ce serait faire à Marine Le Pen un cadeau sur un plateau d'argent.

On verra ce que dira François Hollande lors de sa prochaine conférence de presse avant Noël, mais on peut déjà parier que sa promesse ne verra jamais le jour. En tout cas, s'il veut le faire, le Président devra d'abord rouler sur le corps de Manuel Valls, qui ne veut pas en entendre parler. Vous savez ce que dit le « premier flic de France » ? « Le droit de vote des étrangers, c'est un totem mort ».

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