La présidentielle se joue souvent sur des question de sécurité, d’emploi, de pouvoir d’achat. Mais en 2022, le débat pourrait changer de registre…

En ce moment, le carnet de chèques est ouvert. C’est open bar. On est déjà à plus de 200 milliards d’euros avec la crise. Entre les aides, le chômage partiel, les prêts garantis par l’Etat. Le Résultat, C’est une dette qui flambe… On va atteindre les 120% du PIB. 

C’est tellement démesuré que les politiques sont en train de se saisir du sujet. Est-ce que nos enfants vont devoir la rembourser ? Non, disent de plus en plus de voix à gauche. 

Arnaud Montebourg par exemple, il propose d’annuler carrément toutes les dettes Covid en Europe. Sinon, c’est ce qu’il dit, on aura des jacqueries. C’est aussi la position de Jean-Luc Mélenchon. Il veut que la dette française soit intégralement rachetée par la banque centrale européenne.  

Au gouvernement, on défend plutôt le remboursement de cette dette

Oui, au nom de la crédibilité de la France. Rappelons qu’Emmanuel Macron est inspecteur des finances et Jean Castex, il vient de la cour des comptes. Mais cela n’empêche pas une petite musique au sommet de l’Etat, qui minimise le poids de la dette. Au nom du quoi qu’il en coûte. 

C’est le sanitaire avant tout. Et la dette ? on la remboursera sur le long terme. D’ailleurs, cela tombe bien, disent les ministres, les taux d’intérêts sont bas ou négatifs. Et puis, on va avoir un coup de pouce de 40 milliards de l’Europe pour la relance. 

Sauf que rien n’est sûr. Le plan européen est loin d’être ratifié. Demandez aux Polonais ou aux Hongrois ce qu’ils en pensent. Et puis, les taux peuvent remonter. Souvenez-vous de la présidentielle de 2012, la dégradation de la note de la France avait plombé Nicolas Sarkozy. 

La dette peut donc être l’invitée surprise de la présidentielle

En 2007, François Bayrou avait fait de la dette son cheval de bataille. Il était un peu isolé à l’époque. Personne n’avait embrayé. Là, en 2022, on n’échappera pas à ce débat. Certains diront qu’il faut lancer des réformes structurelles pour rembourser. A commencer par les retraites.

C’est ce qu’a laissé entendre Bruno le Maire dans une interview qu’on a faite ce week-end dans le Parisien. Et c’est déjà explosif. D’autres dénonceront des augmentations d’impôts à venir. Enfin, ce débat ouvre un boulevard à la droite libérale, sur le thème : il est maintenant grand temps de réduire le nombre de fonctionnaires dans ce pays. On va bientôt devenir tous économistes, vous verrez !

L'équipe
  • Marcelo WesfreidJournaliste au service politique du Parisien / Aujourd'hui en France
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