C'est plein soleil sur le Quai d'Orsay. Comme si les crises n'assombrissaient plus le ciel de ce ministère des Affaires de plus en plus étrangères. Le commerce extérieur, le tourisme et même une conférence de presse sur leGuide Michelin ce matin.

Laurent Fabius
Laurent Fabius © MaxPPP/Francois Lafite/Wostok Press

Mais la nouvelle grande cause diplomatique de Laurent Fabius n'est pas la gastronomie, non, c'est la lutte contre le dérèglement climatique. Il faut dire que ce n'est ni sur le chaos syrien, ni sur l'implosion de l'Ukraine que le ministre risque de marquer l'Histoire. Son D-Day à lui aura lieu en décembre prochain, lors d'une conférence internationale sur le climat à Paris. Le but est que tous les pays du monde tombent d'accord pour diminuer leurs émissions de gaz à effet de serre.

Et Fabius ne ménage pas ses efforts pour y parvenir : la moitié des 38.000 km qu'il brûle en kérosène tous les mois est destinée à faire avancer ces négociations.

Ce n'est pas sans provoquer quelques orages du côté de la dame météo officielle du gouvernement. Ca gronde sévère, même, du côté de Ségolène Royal. Parce qu'elle a beau être ministre de l'Environnement, ce n'est pas elle qui prend le soleil sur ce dossier. Et ça l'agace.

Alors malgré l'expansionnisme vert de son auguste pas très cher camarade, le mois dernier, un peu à la dernière minute, la mouche du coche est allée bourdonner à Lima, lors d'un sommet climatique d'importance. Là-bas, les deux éléphants se sont superbement ignorés. Ségolène Royal a même quitté le Pérou avant son aîné. Elle est peut-être rentrée en France garder ses enfants, comme le lui avait délicatement suggéré le même Fabius en 2007.

La tactique du patron du Quai d'Orsay s'avère pourtant payante : on peut parler de ciel sans nuages pour ce qui est de sa popularité. Les baromètres se suivent et se ressemblent, avec une constante : Fabius est au zénith. La semaine dernière, un classement Ifop le donnait à la quatrième place des personnalités politiques préférées des Français, juste devant... Ségolène Royal !

Sans doute l'effet de cette stratégie qui consiste à défendre une cause que personne ne peut contester. Car comme le dit un membre de son entourage : « le ministre veut sauver la planète ». En toute simplicité. Mais cette offensive climato-diplomatique est un pari risqué. D'abord, rien ne dit que les 195 pays censés tomber d'accord trouveront un terrain d'entente.

Quand bien même ils y parviendraient, il ne faut pas exclure que François Hollande décide alors de profiter de ce rayon de soleil, et de lui piquer in extremis son costume de monsieur météo !

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