Par Nathalie Schuck

Quand on déjeune avec des ministres, ils nous montrent parfois leur caverne d'Ali Baba : des médailles, des statuettes, des tableaux qu'ils ont reçu, souvent très moches. C'est une tradition protocolaire, entre dirigeants étrangers on se fait des cadeaux. Et j'ai unemauvaise nouvelle pour les ministres qui vont bientôt quitter le gouvernement, il va falloir les rendre ! C'est François Fillon qui a édicté cette règle quand il était Premier ministre : quand ils partent, les ministres doivent déposer toutes ces breloques au Mobilier National. Souvent, c'est un soulagement. Prenez Stéphane Le Foll, il sera sûrement content de se débarrasser d'une monstruosité : un poisson venimeux du Japon, empaillé dans un cube de verre avec, comble de l'horreur, une petite casquette.

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cadeaux © geschenkhamster.de

Le champion des cadeaux insolites reste François Hollande. J'attends de voir ce que Raul Castro lui a offert hier pour le dîner d'Etat à l'Elysée. Parce que le Président a déjà un joli petit musée des horreurs, entre la fameuse chapka du Kazakhstan, le tonneau de harengs marinés que lui a donné Angela Merkel ou la photo dédicacée en toute modestie par le couple princier du Luxembourg. On est loin des diamants de Bokassa. Il pourrait même ouvrir un zoo ! Depuis le début de son mandat, il a reçu deux chevaux, offrande de l'Algérie qui a dû finir dans les haras nationaux ; un labrador, Philae, cadeau des anciens combattants français de Montréal ; et surtout un chameau, offert par le Mali. La pauvre bête, confiée par l'Elysée à des paysans maliens aurait fini ses jours, selon la légende, dans un tagine...

Il est cela dit impossible de savoir ce que deviennent tous les cadeaux. Aux Etats-Unis, il y a un registre de tous les cadeaux offerts aux dirigeants, avec une somme limite de 350 dollars au-delà de laquelle ils sont considérés comme propriété de l'Etat. En France, rien du tout ! Du coup, certains se sentent libres de garder certains objets, comme Claude Guéant qui avait récupéré un tableau offert par le président ivoirien. La Cour des Comptes aussi a poussé un coup de gueule en 2014 en signalant que 32 œuvres et 625 meubles confiés à l'Elysée par le Mobilier National sont portés disparus. Petite anecdote pour finir : quand Nicolas Sarkozy a quitté l'Elysée, on a découvert que ses deux chiens, Clara et Dumbledore de leur petit nom, avaient saccagé des fauteuils d'époque. Facture pour le contribuable : plus de 6000€ !

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