Dans les coulisses de la droite, on s’active pour trouver un plan B, au cas où François Fillon devrait se retirer de la présidentielle.

Alain Juppé
Alain Juppé © Getty / Romain Perrocheau

Par Renaud Dély.

Et il y a un grand ancien qui ne l’exclurait pas, c’est Alain Juppé.

Alors, c’est vrai, il l’a dit de façon claire et nette: il ne songe en aucune manière à remplacer éventuellement François Fillon. Il l’a encore répété hier : « Quoi qu’il arrive, je ne serai jamais un plan B », a-t-il asséné. Mais attention… D’abord, parmi les parlementaires LR, certains y voient un nouveau signe du légendaire orgueil de Juppé. L’un d’entre eux, que j’ai eu hier soir, me disait : « Juppé, c’est pas le genre à accepter de se faire traiter de « plan B ». Ça c’est bien vrai ! S’il est un plan, et un bon plan, Juppé se considère forcément comme un plan A !

On entend aussi beaucoup d’autres noms circuler. Ceux de François Baroin, de Xavier Bertrand… Et pourquoi pas Laurent Wauquiez ou Valérie Pécresse ? Non, comme me le confiait un supporter de Juppé hier : « Soyons sérieux, il s’agit d’une élection présidentielle et d’une présidentielle que la droite veut gagner à tout prix ». Et pour ça, il n’y en a pas 36. Le nom de Juppé s’impose. Le même élu m’a raconté une anecdote qui en dit long. Elle remonte au printemps 2011, au moment de la chute de Dominique Strauss-Kahn. Il était avec Juppé au lendemain de l’arrestation de DSK à New-York. Le réflexe de Juppé, ça été de dire: « Fabius va être candidat, c’est normal. C’est son tour, il y pense forcément… ». A en croire mon témoin, on aurait dit un auto-portrait. En parlant de Fabius, Juppé parlait de lui.

En répétant tous les trois jours qu’il ne sera pas un « plan B », Alain Juppé entretient l’idée que la logique serait qu’il accepte de l’être. Qui d’autre que lui a le positionnement modéré pour bloquer la percée d’Emmanuel Macron au centre droit et l’expérience nécessaire pour affronter, demain à l’Elysée, un monde de tempêtes et faire face à Donald Trump et Vladimir Poutine ?

Alors, c’est vrai, il l’a dit de façon claire et nette: il ne songe en aucune manière à remplacer éventuellement François Fillon. Il l’a encore répété hier : « Quoi qu’il arrive, je ne serai jamais un plan B », a-t-il asséné.

Résultat: un député qui le soutient, Philippe Gosselin, l’a déjà appelé hier à se préparer et d’autres devraient suivre dans les prochains jours. Alors évidemment, ça va pas être simple pour autant puisque l’idée, selon un juppéiste, ce serait de susciter dans le pays un « désir de Juppé ». Et ça, ce n'est pas gagné.

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