Il est bien délicat de préparer une campagne présidentielle par temps de Covid. La mécanique démocratique, en des temps plus ordinaires, serait déjà en train de se mettre en route. Comment réinventer la politique en pleine pandémie ?

Il n'est pas question d'idées ici, même s’il y aurait beaucoup à dire. D’ailleurs vous avez remarqué, la plateforme contributive pour enrichir son projet est à la mode. Les équipes de Yannick Jadot, d’Anne Hidalgo et même de Marine le Pen y travaillent. 

Nous parlerons seulement de la mécanique démocratique.

Et en tout premier lieu : les meetings, indissociables de toute présidentielle

Or pour le moment, en raison du contexte sanitaire, impossible d’inscrire la moindre date à l’agenda pour un rassemblement Porte de Versailles à Paris, au Palais des Sports de Lyon ou au Parc Chanot de Marseille. 

Ce n'est pas trop tôt pour prévoir des rassemblements : certains y pensent déjà. Et se désespèrent de ne pas pouvoir organiser ces réunions publiques. 

C’est le cas de Jean-Luc Mélenchon qui depuis sa première campagne en 2012 s’est toujours énormément appuyé sur les meetings. Comme il l’a résumé la semaine dernière dans une formule alambiquée, ils réveillent « un sentiment de force qui renforce la force qui se donne à voir elle-même ». Il y lit même un moment de catharsis ! 

Ce n’est donc pas un hasard si le chef de la France Insoumise a été le premier à chercher des solutions de remplacement. 

A la fin de l’année dernière, il a testé sa première réunion publique en réalité augmentée visible via YouTube. 

Il récidive dimanche prochain, et des citoyens présents sous forme d’hologrammes, une technique qu’il a déjà éprouvée en 2017, viendront l’interroger. 

Mais comme il n’y a rien de mieux que la chair et les os, le député de Marseille appelle aussi à participer à la manifestation pour les libertés prévue le 20 mars qu’il veut transformer en fête, autrement dit en rassemblement militant qui ne dit pas son nom.

Et quid des autres candidats ? 

Ils peinent encore à anticiper. Certains campent sur leurs vieilles certitudes comme ce ténor de la droite que j’ai interrogé et pour qui la campagne présidentielle se fait surtout à la télévision. 

C’est vrai, mais surtout pour les favoris qui auront facilement accès aux grosses émissions. 

Conscient de l’écueil, le sénateur LR Bruno Retailleau a innové en lançant la semaine dernière son appli pour smartphone. Intitulée sobrement « 2022 », elle est plutôt ergonomique, avec son chiffre de la semaine, son sondage, et son podcast audio. Mais la rubrique « événements » reste désespérément vide…  

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