Au-delà de l’inversion de la courbe du chômage, François Hollande devrait se préoccuper cette année de l’inversion d’autres courbes. De quelles courbes s’agit-il ?

françois hollande propose un "pacte de responsabilité" aux entreprises
françois hollande propose un "pacte de responsabilité" aux entreprises © reuters

En premier lieu de sa courbe de popularité. Elle a atteint un record en 2013 : il est le Président le plus impopulaire au bout d’à peine deux ans de mandat. Si on prend juste les chiffres de TNS Sofres, sa cote de confiance est descendue à 21% en décembre alors qu’il démarrait l’année 2013 à 35%. 14 points perdus en un an après les 20 points perdus les six premiers mois à l’Elysée ! Il devient urgent pour le Président d’inverser cette courbe s’il veut pouvoir se représenter en 2017. Il connaît la théorie de Pilhan selon laquelle si vous êtes populaire, les Français croient ce que vous dites.

Mais si vous dites la même chose en étant impopulaire, les Français pensent que vous êtes nul. L’avantage, pour le Président, c’est qu’en 2014, il lui sera plus facile d’inverser cette courbe puisqu’il démarre de très bas…

Comment peut-il s’y prendre pour inverser cette courbe de popularité ? Déjà, commencer par en inverser une autre, la courbe de la fiscalité. Le ras-le-bol des Français sur ce sujet est tel que la moindre diminution sera la bienvenue.

Et surtout, la baisse de la fiscalité, notamment celle qui pèse sur les entreprises, est le moyen efficace de leur permettre d’investir à nouveau et de créer des emplois. Cela permettrait à François Hollande de faire d’une pierre trois coups, en inversant les courbes de la fiscalité et du chômage pour les orienter à la baisse, et celle de sa popularité pour l’orienter à la hausse. François Hollande l’a visiblement compris qui a évoqué la nécessaire stabilité fiscale. C’était lundi dernier en Arabie Saoudite. Ecoutez-le :

Evidemment, après avoir augmenté de 30 milliards la pression fiscale en 18 mois, le propos peut en surprendre, voire en agacer certains. Mais il montre que le Président a intégré l’impérieuse nécessité en année électorale de ne plus parler d’augmenter les impôts.

Malheureusement l’année 2014 commence sous de mauvais auspices : elle a démarré par une hausse, celle de la TVA. L’impôt le plus rentable mais surtout le plus injuste puisqu’il touche tous les Français sans distinction de revenus. Les classes populaires et moyennes seront inévitablement touchées par l’augmentation du taux intermédiaire de 7 à 10%. C’est-à-dire que le prix des transports, ceux de l’hôtellerie-restauration, les travaux de rénovation vont augmenter et faire baisser le pouvoir d’achat des Français.

La grogne fiscale n’est pas près de s’arrêter et les Français pourraient le faire payer au PS lors des prochains rendez-vous électoraux , notamment les municipales de mars prochain. Alors que les socialistes avaient gagné une trentaine de villes de plus de 30.000 habitants en 2008, ils risquent gros en 2014. Et du coup c’est une autre courbe qui pourrait s’inverser pour le PS : celle des résultats électoraux.

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