par Nathalie Schuck

L'ancien Premier ministre et candidat à la primaire du PS, Manuel Valls, à La Rochelle le 15 décembre 2016
L'ancien Premier ministre et candidat à la primaire du PS, Manuel Valls, à La Rochelle le 15 décembre 2016 © AFP / Xavier Leoty

Ce matin, on évoque des prémonitions du candidat Manuel Valls, qui redoutait il y a quelques mois que la primaire de la gauche vire au naufrage et finisse par l’élimination du PS au premier tour de la présidentielle...

On ne va pas se mentir, la campagne de Manuel Valls a mal, très mal démarré. Accrochage avec une militante qui l’engueule lors de son premier meeting dans le Doubs, enfarinage à Strasbourg il y a quelques jours, proposition baroque de liquider le 49-3 après l’avoir lui-même utilisé six fois. Mais qu’est-il allé faire dans la galère de la primaire ? L’ancien Premier ministre aurait mieux fait d’écouter ce que disait un certain Manuel Valls. C’était en septembre, lors d’un déjeuner OFF avec des éditorialistes dans le Salon jaune du rez-de-chaussée de Matignon. Voilà ce qu’il disait : « La primaire, elle m’inquiète. Elle aura lieu en plein mois de janvier, avec des partis de gauche recroquevillés sur eux-mêmes ». Sa grande peur, c’était qu’il n’y ait pas beaucoup de votants et qu’on assiste à une division catastrophique de la gauche au premier tour de la présidentielle: « Des candidats partout, à 12-13% dans les sondages, Macron candidat : ce serait la fracturation absolue... » On y est !

Et que disent les amis de François Hollande du début de campagne de Manuel Valls ?

Que du bien ! Je plaisante, bien sûr. En petit comité, ils sont franchement cinglants et beaucoup avouent même une certaine tendresse pour Emmanuel Macron. Mais chut, il ne faut pas le dire ! Écoutez ce que me disait un habitué de l’Elysée : «Tout le monde l’a oublié, mais la campagne de Valls à la primaire du PS en 2011 était une catastrophe. Ce n’est pas un bon candidat ! Comme si la suppression du 49-3 était la priorité des Français... » Et le président, alors, qu’en pense-t-il ? « Il est sidéré du manque de préparation de Valls ! » Voilà ce que m’a confié un de ses vieux copains. La preuve, le chef de l’État n’a pas eu un mot de soutien dans ses vœux du 31 et il ne prendra partie pour aucun candidat.

Comment Manuel Valls espère rectifier le tir ?

En lançant cette semaine une grande opération « reset » : on efface tout et on recommence. Dès demain, il présentera son programme, puis il sera jeudi sur France 2 pour « L’Emission politique ». D’ici au premier tour de la primaire le 22 janvier, il va faire un déplacement par jour, sans farine cette fois s'il vous plaît. Bref, trois semaines à fond. Car même ses amis reconnaissent qu'il y a eu du retard à l'allumage et quelques ratés. Comme ce slogan improbable, merveille de langue de bois, « faire gagner tout ce qui nous rassemble ». « Une merde infâme », m’a avoué un ami de Manuel Valls en éclatant de rire. C’est dire...

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