Emmanuel Macron s’est fait élire sur une ligne « à droite et à gauche » qui lui a permis d’essouffler l’opposition. Mais en 2018, la droite et la gauche vont tenter de se rappeler au souvenir du chef de l’Etat. En ont-elles les moyens ?

 L’Europe, seule ligne d’horizon du chef de l’Etat
L’Europe, seule ligne d’horizon du chef de l’Etat © AFP / Ludovic Marin

En tout cas, elles vont tenter de s’en donner. En se reconstruisant, tout d’abord. Et très vite. Dès le 9 janvier, l’aile socio-démocrate du PS va essayer de faire émerger un leader, Najat Vallaud Belkacem, Stéphane Le Foll, Rachid Temal ou Olivier Faure avec une obligation de résultat dès le 27 janvier. Tandis que de son côté, le député du Val de Marne, Luc Carvounas présentera sa motion et ses soutiens les 10 et 20 janvier. En attendant le congrès des 7 et 8 avril. 

Quant aux Républicains de Laurent Wauquiez, ils mettront en place, eux -aussi en janvier, les instances du parti et un « shadow cabinet », dans l’ombre de l’actuel gouvernement. Les Insoumis, eux, vont poursuivre leur enracinement local et le FN va tenter de rebondir avec son congrès de mars à Lille.   

Quels vont être leurs angles d’attaques désormais ?  

Un membre de l’entourage d’Emmanuel Macron me disait  : 

Après son « ni droite ni gauche », Macron table désormais sur l’Europe pour parachever l’éclatement du paysage politique français. 

On l’a vu pendant ses voeux, l’Europe est bien la seule ligne d’horizon du chef de l’Etat. Avec, comme il l’a fait en France avec En Marche !, le lancement d’une grande consultation citoyenne, avant les élections européennes de 2019. Son but : forcer tous les partis à se positionner autour de cette ligne. Avec d’un côté, les souverainistes du FN et de la France Insoumise,et de l’autre, les pro-Européens, autour d’un axe central, évoqué dunionéjà par Alain Juppé. Avec à la clé, espère-t-on à l’Elysée, l’ultime étape de l’éclatement du PS et des Républicains.  

C’est un piège pour ces deux partis... Comment vont-ils l’éviter ?  

En attaquant la politique gouvernementale sur le fond. Et les premiers mois de ce quinquennat leur donne quelque grain à moudre. Pour le PS, ce seront les inégalités sociales aggravées, selon lui, par le budget 2018 et la réforme de l’ISF. Les Républicains, quant eux portent déjà leur offensive sur l’absence de maîtrise des déficits publics et la hausse de la CSG. Une façon pour eux d’éluder la question de l’Europe, mais pour combien de temps ?

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.