Le chef de l’État a promis de répondre à la colère des Gilets Jaunes. Mais qu'il n'y a pas eu un mot sur la réduction des inégalités ou la justice sociale. Cela étant dit, ni lui ni Edouard Philippe n’avaient jamais promis de « tournant social ».

Même après les mesures annoncées par le chef de l’Etat, le 10 décembre, mesures qui prévoyaient de distribuer 10 milliards d’euros aux catégories modestes, ni Emmanuel Macron ni Edouard Philippe, son Premier ministre, n’avaient revendiqué un quelconque changement de direction de leur politique. Lundi, le président a même mis l’accent sur les fausses idées comme celle qui consisterait à faire croire que « la France serait un pays où les solidarités n’existent pas, où il faudrait dépenser toujours davantage. » Et de citer notre système scolaire, médical et social comme un modèle. Emmanuel Macron a aussi martelé que les réformes de l’assurance chômage ou des retraites seraient bel et bien menées dans les mois qui viennent. Réformes que l’ont prédit pourtant difficiles à faire passer auprès des Français. 

Emmanuel Macron reste-t-il sourd aux Gilets jaunes ? 

On pourrait le penser, les gilets jaunes qui ont exprimé des revendications parfois contradictoires, sourd aussi à la voix des oppositions qui ont tenté de surfer sur la colère de la « France des ronds-points » et même sourd aux doléances d’une partie de sa propre majorité dont certains membres sont issus de la gauche socialiste. Aurélien Taché,  Brigitte Bourguignon, Guillaume Chiche, Sacha Houlié ou Pierre Person, ils sont nombreux, ces députés à exprimer depuis plusieurs mois et de plus en plus fort depuis quelques semaines, la nécessité d’une plus grande justice sociale. Sans aller jusqu’à fronder et remettre en cause la cohésion de la majorité, certains de ces élus pensent même à s’organiser pour mieux faire passer leur message.  

Que pourraient faire Matignon et l’Elysée ?   

Tant à Matignon qu’à l’Elysée, on mise beaucoup sur la fameuse « grande concertation nationale. » Emmanuel Macron l’a dit lundi, il écrira lui-même aux Français pour lancer ce grand débat destiné à répondre à la crise des Gilets jaunes. De ces états généraux pourraient naître des projets importants qui sans faire dériver la stratégie de l’exécutif pourrait l’enrichir. Comme une grande réforme fiscale ou un usage élargi du referendum. A condition, bien sûr, que les modalités concrètes de cette concertation soient précisées et que la volonté politique, sur le terrain et au sommet soit réelle. Deux conditions qui sont loin d’être acquises aujourd’hui.

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