Un sommet auquel Laurent Wauquiez a donné encore plus d’ampleur en accordant une longue interview au JDD.

Laurent Wauquiez, président de Les Républicains, durant le Conseil National le 30 juin 2018
Laurent Wauquiez, président de Les Républicains, durant le Conseil National le 30 juin 2018 © AFP / Valery Hache

Par Eric Decouty .

Essayer de faire le parallèle entre cet événement et la panthéonisation de Simone Veil serait grotesque. Il est difficile de faire le parallèle entre une réunion de cadres d’un parti riquiqui et l’hommage national à une icône nationale et européenne. Et pourtant. N’oublions pas que Simone Veil a été une femme politique, du centre certes, mais d’un centre toujours intégré à la droite. Pour faire court, elle incarnait la droite humaniste et européenne. Et avant d’être la figure de la réconciliation des Français comme l’a dit Emmanuel Macron, elle fut longtemps la figure de la réconciliation des droites. 

Un exemple parmi d’autres : Simone Veil figura, sans trop de dégâts, dans le même gouvernement que Charles Pasqua, son contraire populiste et souverainiste… Invraisemblable aujourd’hui. Faut dire qu'Emmanuel Macron a aussi capté cette frange de la droite.  Certes mais il a réussi parce que les leaders de la droite ont permis la rupture. C’est Nicolas Sarkozy qui en 2012 donne les clés de sa campagne à Patrick Buisson le maurassien et c’est François Fillon qui en 2017 croit que son salut viendra de la Manif pour tous, l’aile droite catholique du parti… 

Laurent Wauqiez n’a finalement fait que poursuivre dans cette voie en réduisant la droite à une formation de plus en plus identitaire dans laquelle le figurent même plus les porteurs des valeurs défendues par Simone Veil : qu’elles soient humanistes ou européennes. Ceux-là étaient dimanche au Panthéon et certainement pas samedi à Menton au conseil national des Républicains.

Et pourtant Laurent Wauquiez parle de rassemblement  Ça n’a pas de sens. Personne n’y croit et probablement lui non plus. Ou alors avec l’extrême droite, ces ennemis de toujours de Simone Veil. D’ailleurs comme un témoignage de l’irréductible rupture des droites, dimanche dans son interview au JDD si Laurent Wauquiez s’est permis une comparaison avec Churchill, pas une fois il n’a cité le nom de Simone Veil.

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