C'est un phénomène qui prend de l'ampleur et qui brouille complètement les cartes dans les sondages politiques : le « zapping électoral ». Cela montre qu’aujourd'hui, on vote comme on zappe.

Vous connaissez l'adage qui dit qu'« en politique on ne meurt jamais » ? Cette règle a été valable pendant des années. Prenez Jacques Chirac, qui s'est repris à trois fois mais a été élu président. Prenez Alain Juppé, condamné pour les emplois fictifs de la mairie de Paris, ou Laurent Fabius avec le sang contaminé, qui sont devenus les chouchous des Français. Comme s'il y avait un droit à l'oubli, comme si on pouvait passer du purgatoire au paradis. Cette règle, je pense qu'elle est complètement périmée. Et je m'excuse si je brise le cœur de ceux qui sont, en ce moment, au purgatoire. Je pense évidemment à Jean-François Copé, qui vient de démissionner de l'UMP. Parce que c'est un grand sentimental, Copé. Vous ne me croyez pas, mais est-ce que vous savez que son héros c'est Zorro ? On l'écoute (il était l'invité de Mireille Dumas) :

Contrairement à ce que pense Copé, pour lui, remonter à cheval, ce n'est pas gagné ! Parce que les électeurs aujourd'hui se comportent comme des consommateurs. On vote comme on zappe : un coup pour les verts, un coup pour les bleus, un coup pour les roses, un coup parfois pour les bleus Marine.

Zorro (Guy Williams)
Zorro (Guy Williams) © Corbis / Bettman

C'est ce qu'on appelle le nomadisme, le zapping électoral. On passe d'un camp à l'autre d'une élection à l'autre.

Regardez ce qui s'est passé aux européennes : à peu près un tiers des Français ont décidé au dernier moment ! On vote comme on fait ses courses, en fonction de ses envies ou ses colères du moment. Un peu comme dans une émission de téléréalité : pour Nicolas tapez 1, pour Marine tapez 2, et pour François tapez 3.

Ce zapping électoralvient de la fin des grandes idéologies, de la défiance envers les politiques. Et ça s'explique aussi par le quinquennat, qui n'était peut-être pas une si bonne idée que ça, parce que ça a considérablement accéléré le temps politique. Regardez ce qui se passe aux Etats-Unis, où le mandat du président est de quatre ans : on n'a jamais eu dans l'histoire américaine aucun candidat à la présidentielle qui ait échoué et qui se soit représenté. Le seul, c'est Richard Nixon. Ca pose la question de la présidentielle de 2017 : est-ce que les Français ont tellement envie du match retour de la dernière fois, ou est-ce qu'ils ont déjà zappé François Hollande et Nicolas Sarkozy ? Une chose est sûre, c'est que lui a très envie de remonter sur son cheval...

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