Par Jonathan Bouchet-Petersen

François Baroin est un homme qu’on voit beaucoup en ce moment puisqu’il préside l’Association des maires de France (l’AMF), qui tient son congrès ces jours-ci.

Celui qu’on surnommait Harry Potter pour les fines lunettes rondes qui ornaient son visage d’éternel adolescent : François Baroin, celui qui fut longtemps une sorte de fils pour Jacques Chirac, qui l’a pris sous son aile après la mort de son père, un ami intime, dans un accident d’avion.

Mais le petit François, plusieurs fois ministres, a bien grandi et à 50 ans, le sénateur-maire de Troyes sera, l’un des hommes forts – et il n’y en a pas tant que ça – de la campagne de Sarkozy pour la primaire.

Il devrait d’ailleurs en dire plus dimanche chez Jean-Pierre Elkabbach, l’homme qui l’avait recruté au service politique d’Europe 1 à la fin des années 1980, quand Baroin était jeune journaliste...

Son ralliement ne semble pas faire de doute. D’autant moins que Sarkozy, pourtant pas encore candidat n’a pas résisté à lancer, hier devant l’Association des maires en s’adressant à Baroin autant qu’à la salle mais surtout à Baroin : «Quelque chose me dit qu'on aura à travailler ensemble dans les semaines qui viennent »

Manière aussi d’évoquer sans l’officialiser sa propre candidature, une situation que Sarkozy va faire durer le plus longtemps possible. Car une fois déclaré, il devra quitter la présidence de Les Républicains et faire campagne à armes égales avec ses concurrents.

Mais revenons à François Baroin. Sur le papier, l’alliance de ce chiraquien de toujours avec Nicolas Sarkozy, l’homme qui a trahi la chiraquie, n’a rien d’évidente , même si les deux hommes ont topé il y a déjà un moment. Pour résumer très grossièrement, on pourrait dire que leur relation politique, au-delà des sympathies personnelles, répond à l’adage : les ennemis de mes ennemis sont mes amis…

Et l’ennemi c’est Alain Juppé. Baroin ne lui a jamais pardonné de l’avoir sorti de son gouvernement en 1995, dans le wagon des Jupettes virées six mois après leur nomination. On est loin des considérations idéologiques et davantage dans les blessures humaines, pour ne pas dire égotiques. On comprend dès lors que quand Sarkozy a proposé un ticket à Baroin sur le mode - à moi l'Élysée, à toi Matignon - celui-ci a dit banco !

Les sarkozystes, eux, comptent beaucoup sur l’animosité de ce chiraquien quasiment de sang à l’égard de Juppé pour le «balladuriser ». Baroin permet aussi à Sarkozy d’équilibrer l’attelage qu’il forme avec le très droitier Laurent Wauquiez…

On se demande quand même ce que Sarkozy pense du soutien de Baroin à la maire PS de Paris, Anne Hidalgo, pour son choix d’ouvrir un camp de migrants dans la capitale. Ou de son opposition à l’interdiction du voile à l’université et des menus de substitution dans les cantines. Autant de sujet sur lesquels Baroin est beaucoup plus raccord avec Juppé !

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