À chaque décès d’une figure importante, l’Élysée publie un communiqué. C’est une tradition qui, en ce moment, sert à envoyer quelques messages.

"En France, les Présidents aiment prendre la plume".
"En France, les Présidents aiment prendre la plume". © Getty

Hier, un communiqué de l’Élysée disait : 

Christo, l’artiste qui aimait habiller les monuments de ses titanesques empaquetages, s’est éteint hier.

C’est lyrique, mais c’est une nécrologie officielle. 

Il y en a beaucoup en ce moment, une tous les deux jours. Comme si la mort était en train de rôder : Guy Bedos,Michel Piccoli… 

À chaque fois, Emmanuel Macron valide le texte et y met sa patte. Et surtout, il fait ajouter des personnalités qu’on ne célèbre pas, en général.

Liliane Marchais et les autres

Par exemple, il a choisi d’honorer Liliane Marchais, disparue en avril 2020. Une militante, qui n’a pourtant jamais eu de mandat, pas de rôle politique, mais qui a été la femme de Georges Marchais. Pas mal de communistes, d'ailleurs : d'anciens résistants, des élus, pas très connus, de banlieue parisienne.

Il y a également eu des mitterrandistes, comme Michel Charasse. Il y a aussi un candidat En Marche aux municipales ou encore, le socialiste, Henri Weber, dont l’Élysée nous rappelle qu’il était un leader trotskyste en 1968,  et qu’il passait ses journées à « échafauder un monde meilleur ».

À l’inverse, ceux qui ont flirté avec l’extrême-droite au début de leur carrière, comme Patrick Devedjian, ou l’élu parisien Claude Goasguen ont eu droit à un petit commentaire, en passant, sur l’ «erreur de jeunesse ».

Un panthéon qui penche à gauche

Bref, on voit se dessiner, à travers ces nécrologies, un panthéon qui penche pas mal à gauche, ainsi que du côté des valeurs anti-nationalistes. Il est difficile de ne pas y voir une préfiguration de ce virage social qu’Emmanuel Macron pourrait nous réserver

Communication politique 

Ces communiqués sont de la communication politique, mais personne ne les lit. C’est d’ailleurs dingue que les Présidents, François Hollande était pareil, passent autant de temps à peaufiner ces textes, même si la trame est écrite par un conseiller, qu’on appelle « une plume ». En ce moment, c’est un jeune normalien, Jonathan Guémas, qui travaillait avant pour Gérard Collomb.

En France, les Présidents aiment prendre la plume. Regardez la nécrologie de Pape Diouf, l’ancien patron de l’OM. On sent que le Président, qui est un fana de cette équipe de foot, s’est lâché. Il parle de Basile Boli, de Marcel Dessailly puis finit par adresser ses condoléances à tous les supporters de l’Olympique de Marseille. En mode déclaration d’amour.  

L'équipe
  • Marcelo WesfreidJournaliste au service politique du Figaro, en charge du suivi de l'exécutif.
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