A ceux qui enterrent déjà Nicolas Sarkozy parce qu’il baisse dans les sondages attention ! L’ancien président n’est pas politiquement mort : il bouge encore.

On l'entend beaucoup, cette petite musique qui dit que le patron de l’UMP est à la peine, à la traîne, en panne de testostérone, d’autorité, has-been, ringard, complètement dépassé, qu'il recyclerait ses vieilles idées. Bref, que Nicolas Sarkozy, trois mois après avoir repris l’UMP, serait déjà usé, vieilli et fatigué ! Alors c’est vrai que sa cote d’amour s’effrite vitesse grand V : 22% des Français seulement souhaitent qu’il soit candidat, selon l’institut BVA.

Nicolas Sarkozy lors d'une conférence de presse à Tripoli en Libye.
Nicolas Sarkozy lors d'une conférence de presse à Tripoli en Libye. © EPA/MaxPPP

Pourtant, quand on écoute les vieux loups de mer à droite, ils disent tous, en off, que c’est lui qui a toutes les chances de gagner la primaire de 2016. Pourquoi ? Parce qu’il est toujours archi-dominant chez les sympathisants UMP: il devance encore Alain Juppé de 24 points selon l’Ifop. Un ex-ministre sarkozyste me disait même hier : « s’il y avait une présidentielle dans trois mois, Hollande ne serait même pas au second tour et Sarkozy serait élu face à Marine Le Pen ! »

Il n’y a pas qu’à droite qu’on mise sur lui pour 2017.

C’est aussi le calcul que fait un certain François Hollande. Le Président parie que c’est son vieux rival de 2012 qui va sortir vainqueur de la primaire, mais qu’il en sortira esquinté et affaibli après un match très violent contre Alain Juppé.

Et ça l’arrange, parce qu’il pense qu'il est le plus facile à battre. Pour Hollande, Sarkozy va tellement cliver à droite qu’il va ramener, mécaniquement, vers lui les électeurs du centre. C’est ce que le président appelle, en petit comité, le « trou de souris », celui dans lequel il pourrait se faufiler pour être réélu en 2017.

Alors, c’est vrai que les Hollandais s’inquiètent un peu de voir l’ancien président chuter dans les sondages. Un conseiller de l’Elysée me disait en rigolant : « le feu est en train de s’éteindre, va falloir qu’on remette du gaz ! »

Alors le patron de l'UMP, lui, est assez serein.Calme, cool zen, Nicolas Sarkozy le dit dansLe Figaro ce matin : « j'ai une stratégie, un calendrier précis et je n'en changerai pas ». Vous savez qu’il adore le vélo et les métaphores cyclistes. Et comme il dit souvent en petit comité : « pour l’instant, on est encore dans la plaine, bientôt on va arriver à l’étape du col ». Ce qu’un de ses proches confirme : « Sarko est dans la position de l’outsider et c’est très bien pour lui. C’est quand il est au pied de la montagne qu’il est le meilleur ».

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