Retour ce matin sur l’interview accordée ce week-end par Emmanuel Macron à la chaîne Al-Jazeera.

cet entretien à la chaîne qatarienne, il fait beaucoup parler depuis sa diffusion. Sur le fond, d’abord, puisque le chef de l’État y détaille longuement le modèle républicain à la française, le principe de laïcité, et surtout la liberté d’expression et de caricature… Mais sur la forme, aussi, parce que le choix du média interroge… Voire interpelle. 

Notamment à cause des manifestations qui se sont multipliées dans les pays arabo-musulmans ces derniers jours. On a vu l’effigie d’Emmanuel Macron être pendue, on a vu son portrait être piétiné, on a vu le drapeau tricolore être brûlé… Et ça, à l’Élysée, on l’a expliqué en rejetant la faute sur les médias qui avaient « manipulé », je cite, le discours du président aux Mureaux, sur le séparatisme islamiste. Et parmi ces fameux médias, devinez qui on retrouvait ? Al-Jazeera…

Mais si Emmanuel Macron accuse Al-Jazeera d’avoir alimenté la campagne de haine et de boycott qui vise la France… Alors pourquoi est-ce qu’il leur parle ?

Et bien si cette chronique portait sur le football, je vous répondrais qu’Emmanuel Macron est un joueur qui préfère les matchs à l’extérieur. En clair, qu’il adore venir sur le terrain de ses adversaires. 

Tenez, prenons par exemple Valeurs Actuelles. Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’hebdomadaire ne partage pas du tout la ligne progressiste d’Emmanuel Macron… Et pourtant le président leur a accordé un entretien de plus d’une heure, l’année dernière, qui lui a valu d’atterrir en Une du journal ! 

Cette stratégie, le président en a fait sa marque de fabrique. Il en use et en abuse depuis bien longtemps… C’est le cas, par exemple, de ses fameux coups de fil. Au polémiste Éric Zemmour, au souverainiste Philippe de Villiers, ou encore à l’humoriste Jean-Marie Bigard…

Une stratégie à double-tranchant

Si vous posez la question à l’Élysée, on vous répondra qu’Emmanuel Macron est le président de tous les Français. Et que le fait de s’adresser à tel ou tel segment du pays n’efface pas pour autant les désaccords.

En revanche, il y a des fois où le boomerang revient en plein visage du chef de l’État. C’est ce qui s’est produit cet été, par exemple, lorsque Valeurs Actuelles a publié une caricature de la députée Insoumise Danièle Obono, représentée en esclave… 

Et que l’on a tout de suite reproché à Emmanuel Macron d’avoir indirectement participé à la banalisation du magazine…

Bref, dans ce genre de choix, en matière de communication, il y a toujours un rapport bénéfice/risque à mesurer avant de prendre une décision. Mais ça, ça n’est pas à un ancien banquier d’affaire qu’on va l’apprendre…