La politique avec Charlotte Chaffanjon, du Point

Vous nous annoncez ce matin le retour d’Arnaud Montebourg ? Oui ! Montebourg participe ce week-end à l’université d’automne, organisée par le député du Gard Patrice Prat, à Laudun-L’Ardoise. Il prononcera même un discours dimanche. « Il va y aller mollo », assure un de ses soutiens, le député des Français de l’étranger Arnaud Leroy. Montebourg revient de ses vacances en étant « apaisé, soulagé et offensif », dit Patrice Pratt qui assure que le ton de son ami sera « sobre, grave et responsable. » Pour mémoire, la dernière fois que Montebourg a prononcé un discours à une fête champêtre du PS, c’était à Frangy-en-Bresse, fin août. Il était encore ministre de l’Economie, mais il avait fustigé la politique économique de la France… Bilan, il s’était fait renvoyer du gouvernement.Montebourg s’est donc calmé ? Non, pas du tout ! Mais il veut calmer le jeu, être « sérieux », car il est au début « d’un long chemin », c’est ce que dit Arnaud Leroy, qui poursuit : « au bout, il y a une candidature à la présidentielle, et, de facto, une victoire. » Dans l’équipe de Montebourg, on explique : « On pose des jalons jusqu’à la prochaine échéance. » Et la prochaine échéance, la seule en fait qui l’intéresse, c’est 2017. Car Montebourg fait un pari : celui que François Hollande ne se représentera pas pour un second mandat car ce serait la défaite assurée. Il pense depuis longtemps que le président est mauvais, que le quinquennat est raté. « En réunion, il tapait beaucoup sur Hollande dans un mélange d’arrogance et de mépris », raconte un ministre avec qui Montebourg a cohabité à Bercy. Montebourg est donc en campagne ? Oui, dans la perspective d’une primaire à gauche en 2016. D’ailleurs, il y pense depuis longtemps : il avait décidé de démissionner du gouvernement dans tous les cas après le vote du budget 2015, qui a été présenté hier. Montebourg va aussi profiter de cette période pour monter une entreprise, dans les nouvelles technologies. Elle devrait être spécialisée dans le matériel médical. Mais, la politique n’est jamais bien loin. Je vous cite un très proche de Montebourg : « 10 % des Français ont une opinion favorable des politiques. 85 % des Français ont une opinion favorable de petits entrepreneurs. En 2017, Montebourg arrivera devant les Français en tant que petit entrepreneur ».Il va prendre la tête des frondeurs alors ? Non, ça ne l’intéresse pas. Il trouve ça « beau de dénoncer mais encore mieux de proposer. » Du coup c’est vrai que les « montebourgois » ne sont pas bien nombreux pour l’instant. Du côté de l’Assemblée, une quinzaine de députés assistent à ses réunions. Et puis, il peut compter sur le soutien de l’ancienne ministre de la Culture Aurélie Filippetti. Depuis la une de Paris Match tout le monde sait qu’ils sont très proches. Après hésitation, elle ne devrait pas venir à Laudun L’Ardoise ce week-end, « pour ne pas brouiller le message. » - Même si Montebourg était plutôt favorable à sa venue. Il devrait quand même être entouré de quelques 300 militants. Quant aux autres leaders de gauche, Martine Aubry, Benoît Hamon, et en dehors du PS, Cécile Duflot ou Jean-Luc Mélenchon, ils ne l’ont pas encore désigné comme le sauveur. Et puis Montebourg, il a un ennemi très coriace…Lui-même ! Sa fougue, ses emportements… Ses coups de tête. Le discours de Frangy en Bresse a surpris, mais ce qui a choqué au PS, c’est surtout son attitude désinvolte… Ecoutez Montebourg ce jour là, il était encore ministre de l’Economie !

Ségolène Royal m’a dit de lui un jour qu’il a un côté « acteur américain », et c’est vrai que là on se demande à quoi il joue. Une ministre qui a beaucoup travaillé avec lui sedésole : « Montebourg, c’est un grand gâchis. Il a du talent, des fulgurances, une vision, mais il ne sait pas construire et il est très influençable. » Même ses proches le supplient d’avoir « de la constance », « de la méthode », en disant : « On n’est pas là pour se donner en spectacle. Parfois, avec lui, la forme peut faire oublier le fond. »

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