Le premier ministre Édouard Philippe ne cherche pas à attirer la lumière à lui. Une attitude peu commune par rapport à ses prédécesseurs. Cette distance ne doit rien au hasard… 

C’est assez rare qu’un premier ministre se déplace à l’étranger. Son quotidien, c’est plutôt les affaires franco-françaises. Or, il se trouve qu’hier, Edouard Philippe se trouvait à Madrid. Pour une rencontre avec son homologue espagnol Pedro Sanchez sur la question de l’ETA et du terrorisme.  Sur place, il y avait peu de journalistes français. Et c’est dommage parce qu’on a raté l'effort de notre premier ministre pour faire honneur à la langue de Cervantes. Ce n’est pas encore complètement ça, mais c’est un début.     

C’est une semaine internationale, pour le premier ministre, qui repart en fin de semaine

Direction : l’Afrique du Sud. Mais là aussi, ce ne sera pas la meute qui suit habituellement Emmanuel Macron. D’ailleurs, les équipes du premier ministre ne cherchent pas à inverser la donne. Au contraire. Elles donnent peu d’information, elles les donnent tard, elles sous-vendent le programme. Un conseiller d’Edouard Philippe m’a dit : « En Afrique du Sud, le premier ministre ne cherchera pas une stature internationale ». Autrement : restez chez vous. Quelle différence avec ses prédécesseurs, qui utilisaient ce genre de voyages pour prendre la lumière ! Pensez à Manuel Valls qui avait égratigné en Allemagne Angela Merkel sur sa politique en faveur des migrants.   

 En fait, Edouard Philippe ne veut pas faire de l’ombre au président

Même une journée. Il sait qu’il s’est retrouvé à Matignon par un concours de circonstances. Et qu’il n’y restera qu’en faisant intelligemment profil bas.  Il a confié la semaine dernière sur France 2 qu’il ne serait pas candidat à Paris. Un autre politique aurait laissé planer le suspense, c’est flatteur. Là, non, Edouard Philippe ferme la porte des municipales à Paris. A la place il nous parle du Havre. Son ancienne ville. Mais le plus fort, c’était au mois d’août. La mortalité a baissé d’un coup sur nos routes. Sans doute à cause des 80 km heure, cette mesure tellement impopulaire qu’il a portée, lui ; Eh bien pas un mot, là-dessus, d’auto-célébration de la part du premier ministre. Pour vivre heureux à Matignon vivons caché.

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.