On ne parle que des municipales ou encore des débats à l’Assemblée nationale. Et pourtant l’une des batailles clés qui se joue dans les coulisses : c’est le Sénat. Et cette bataille oppose deux titans de la scène politique : Emmanuel Macron et Gérard Larcher, le président de la chambre haute.

L'hémicycle du Sénat (ici en 2018)
L'hémicycle du Sénat (ici en 2018) © AFP / Charles Platiau

En septembre 2020, aura lieu en effet l’élection de 50% des sénateurs car, je vous le rappelle, le Sénat est renouvelé par moitié tous les trois ans. Or, Emmanuel Macron a conquis sabre au clair l’Élysée et les députés marcheurs occupent une large majorité des fauteuils de l’hémicycle de l’Assemblée nationale. Mais, ce qui manque  au président et à son jeune parti La République en Marche, ce sont les élus locaux et le Sénat. Sénat qui a notamment un pouvoir de blocage sur certaines réformes clés comme celle des institutions, réforme reportée mais pas encore enterrée…

En quoi la bataille du Sénat est-elle lancée ?

En stratège avisé, Macron déploie artillerie lourde et chevaux-légers dans un double mouvement, destiné à fragiliser voire déboulonner Gérard Larcher et sa majorité de droite. 

Le premier de ces mouvements, ce sont les municipales. Certes le chef de l’Etat a dû réduire ses prétentions. Il ne cherche plus le plus grand nombre de maires possible mais le plus grand nombre de conseillers municipaux. Pourquoi ? Parce que ces pièces maîtresses des mécanos locaux constituent près des 3/4 du collège électoral du Sénat. Voilà pourquoi Emmanuel Macron est prêt à s’allier avec tout maire sortant qu’il ou qu’elle soit LR ou centriste et même socialiste. Quitte à agacer les marcheurs eux-mêmes. Ce n’est est pas le doigt qui compte mais la direction qu’il indique, en l'occurrence la conquête de la forteresse Sénat. 

le second mouvement consiste à fissurer voire à fracturer la majorité de droite au Sénat. En séparant les centristes (qui au plan national émargent à l’UDI) des LR. Et l’exécutif  y arrive peu à peu. Parce qu’idéologiquement, les points communs entre En Marche et les centristes sont nombreux. Et aussi parce que les équipes de l’Elysée et de Matignon ont promis aux centristes de conserver certaines de leurs mairies. Le groupe centriste indispensable aux LR pour faire une majorité a ainsi voté à 50% la confiance à Edouard Philippe cet été. Le groupe s’apprête à soutenir plusieurs réformes dont les très sensibles retraites. 

Gérard Larcher lui tente encore avec ses conventions partout dans le pays de faire l’union des droites et du Centre.  Mais son tour de France s’apparente de plus en plus à une tournée électorale en vue de sa réélection en septembre et de sa reconduction à  la présidence du Sénat. Il n’y a pas de petit combat…

L'équipe
  • Jannick AlimiJournaliste politique au Parisien Aujourd'hui en France
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