Dans l’attente du remaniement ministériel qui devrait intervenir aujourd’hui, ce matin le cas François Rebsamen : il quitte le ministère du Travail sur un bilan mitigé. On sent même de l’amertume chez ce proche de François Hollande.

François Rebsamen
François Rebsamen © MaxPPP/Le Parisien/Philippe de Poulpiquet

Beaucoup d’amertume. Et de la déception. Parce que finalement, entre le Président et lui, c’est un peu une histoire d’amour qui aurait mal tourné. Vous le savez, Rebsamen est un fidèle. Mais Hollande ne lui a jamais donné ce qu’il voulait. Son rêve, son rêve de toujours, c’était le ministère de l’Intérieur. Eh bien, raté ! Quand il est enfin entré au gouvernement, il s’est retrouvé à commenter tous les mois les chiffres du chômage !

Je peux vous le dire : en privé, Rebsamen a des mots durs contre Hollande. Je le cite : « Tout le monde dit que François est gentil. Mais c’est FAUX. C’est un type DUR. Il ne fait aucun cadeau. »

Hollande a pourtant placé la plupart de ses proches au gouvernement… Ont-ils été bien servis ?

Oui et non. À part Jean-Yves Le Drian (qui s’épanouit à Défense), ils ont tous reçu des cadeaux empoisonnés, les Hollandais : Bruno Le Roux a hérité des… frondeurs. Stéphane Le Foll, des éleveurs (alors qu’il rêve d’être ministre du Travail).

Quant à Michel Sapin, il veut être le seul patron de Bercy. Mais on l’a toujours forcé à partager. D’abord avec Arnaud Montebourg. Vous vous souvenez, on les appelait « Loulou et Chouchou » , tellement ils surjouaient la bonne entente. Alors qu’en réalité, ils ne pouvaient pas se supporter.

Aujourd’hui, c’est peut-être pire encore : Sapin doit cohabiter avec le premier de la classe, Emmanuel Macron, qui attire à lui toute la lumière. Je peux vous le dire : c’est loin d’être simple !

Hollande demande beaucoup à ses amis.. mais finalement est-ce que ce n’est pas un classique en politique ?

Certes, c’est un peu la parabole du fils prodigue. Vous savez, ce fils cadet qui part faire la noce et dilapider l’héritage. Mais quand il revient, son père le reçoit comme un prince. C’est évidemment, c’est un peu une injustice pour le fils aîné, qui est resté sagement à la maison. Eh bien, en politique, c’est souvent la même histoire.

Ces fidèles de la première heure (ceux qui étaient là quand Hollande faisait 3% dans les sondages), eh bien aujourd’hui, ils doivent partager leur Président. Au début, c’était avec Aquilino Morelle, le conseiller politique, qui avait un magnifique bureau à côté du Président et qui était devenu l’ennemi numéro un des Hollandais.

Aujourd’hui, la nouvelle tête de turc s’appelle Emmanuel Macron - encore lui ! Il les rend fous, les Hollandais ! Fous de jalousie. Pour conclure, je vais vous livrer une petite confidence d’un ministre, qui a tout compris. Je cite : « Macron, c’est le petit dernier, le fils illégitime, celui qui n’était pas prévu. Et qui sort du placard au moment de l’héritage. »

La politique, c’est pas compliqué, c’est comme la vie.

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