Emmanuel Macron a changé d’avis sur la question des retraites. Et on comprend chaque jour un peu mieux pourquoi.

Emmanuel Macron
Emmanuel Macron © AFP / Ludovic Marin

La première raison de ce revirement, c’est évidemment la crainte de l’opinion

Selon un sondage IFOP publié hier dans le JDD, deux tiers des Français ne font pas confiance à Emmanuel Macron et au gouvernement pour réformer le système des retraites. De quoi, selon le sondeur Frédéric Dabi, "souder un socle de réfractaires extrêmement fort".

Et si l’on n’avait pas bien compris, on lit aussi dans cette étude que quatre Français sur dix ne voient même pas l’intérêt d’une telle réforme ! 

Il était donc urgent pour Emmanuel Macron d’apprendre à son tour à donner du temps au temps. Une transfiguration pour ce président autrefois pressé dont les pires cauchemars sont désormais repeints en jaune. 

Seul  réconfort pour lui, 66 % des personnes interrogées pensent qu’il faut harmoniser les différents régimes de retraite, cela tombe bien, c’est précisément l’un des buts de sa réforme. 

En sait-on plus sur les pistes d’Emmanuel Macron pour y parvenir ?

Depuis l’intervention du président de la République à la télévision, tout est devenu flou.

Il y a encore une semaine, le chef de l’état n’avait pour boussole que l’épais rapport que lui avait remis le chiraquien Jean-Paul Delevoye, après des mois de discussion avec les partenaires sociaux. Avec une piste mise en avant : celle de la création d’un âge pivot pour le départ à la retraite.

Un travail encensé par l’exécutif. 

Ce document n’a pas vocation, c’est assez rare pour le souligner, à finir à la poubelle. Mieux, le haut commissaire à la réforme des retraites est même annoncé entrant au gouvernement dès cette semaine pour porter cet épineux dossier. 

Alors Jean-Paul Delevoye va devoir tout recommencer… Ou en tout cas donner l’impression de le faire. Sa mission est de coller à la promesse faite par Emmanuel Macron aux Français lundi dernier, promesse selon laquelle "rien n’est décidé" à propos de l’âge pivot. 

Le président lui préfère un allongement de la durée de cotisation

On en saura plus jeudi, avec l’ouverture d’une nouvelle phase de consultation avec les partenaires sociaux. Viendra ensuite le temps de la « négociation » avec les Français. « Négociation »,  le mot à son importance. 

C’est donc reparti pour un grand et long débat.

Le ministre du budget et des comptes publics Gérald Darmanin a parlé d’une discussion de « près d’un an ». Edouard Philippe n’est pas tout à fait d’accord : selon lui le projet de loi retraite sera présenté d’ici quelques mois.

Mais que ce soit dans un an ou dans un jour, la bonne durée de  ces discussions est, on l’a compris, celle qui permettra à Emmanuel Macron de négocier au mieux… la fin de son quinquennat.

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