Emmanuel Macron va célébrer après-demain les 150 ans de la proclamation de la République. Il prononcera un discours dans un lieu emblématique : Le Panthéon.

La panthéonite du président
La panthéonite du président © AFP / THIBAULT CAMUS / POOL

Emmanuel Macron adore ce temple laïc

Il y a fait entrer Simone Veil. Il y a honoré Clemenceau. Il est venu pour la mémoire de l’esclavage. Et le 11 novembre prochain, il transfère les cendres de Maurice Genevoix, l’écrivain.  Et donc, ce vendredi, il va dans le temple de la République pour fêter le 4 septembre 1870. La chute de l’Empire. Gambetta à l’hôtel de ville de Paris proclame la République. 

Le président ne va pas seulement rendre hommage à onze figures républicaines, dont Gambetta. Il va surtout faire un discours sur la citoyenneté, sur ce qui nous unit comme peuple. Une façon de commencer à préparer les esprits. Pour parler du séparatisme islamiste. Car on a une loi en préparation en ce moment sur le sujet. 

Emmanuel Macron fera aussi de la politique au panthéon

Il enclenche une sorte contre-attaque. Parce que la droite le pilonne sur le régalien. En disant que c’est son point faible. Mais en même temps, il ne faut pas réduire cet événement du panthéon à de la seule tactique. Emmanuel Macron, il aime ce temple laïc parce qu’il croit dans la sacralisation du pouvoir. C’est ce qu’on a appelé son côté jupitérien…

C’est un positionnement qui le fascine mais qu’il n’a jamais réussi à imposer complètement. Car il est toujours dans le grand écart. Macron c’est aussi, les photos en jet ski, l’envie de tout commenter, le président qui entre dans les détails de chaque réforme. Bref, l’inverse de la verticalité. 

Emmanuel Macron commémore beaucoup depuis trois ans !  Il est à fond dans l’année de Gaulle. Il a fêté la bataille de blindés à Montcornet. Il est allé à Londres pour le 18 juin. Macron a aussi commémoré la fin de 1914-1918 ; Pompidou. Il a présidé des cérémonies grandioses pour Jacques Chirac, pour Aznavour, pour Johnny. Il est allé une dizaine de fois aux Invalides. Il tient à célébrer aussi les héros du quotidien. Comme Mamoudou Gassama, vous vous souvenez, l’homme qui avait sauvé un enfant, en grimpant sur des balcons.  

Emmanuel Macron pense qu’on est dans une période où les gens manquent de repères, de figures. Qu’il faut leur redonner des héros. Alors, il pousse les feux sur la mémoire. Une tentation qui est noble. Mais il y a un risque. Si les commémorations deviennent une façon de remplir l’agenda, de masquer l’absence de grande réforme. Ce qu’on pourrait appeler le syndrome François Hollande.

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