L’attitude des Verts, qui viennent de refuser de participer au gouvernement de Manuel Valls n’est pas très responsable. Du moins, c'est vraiment l'impression que cela donne.

les verts divisés sur le refus de participer au nouveau gouvernement
les verts divisés sur le refus de participer au nouveau gouvernement © reuters

Le gouvernement se prend une claque électorale et le premier réflexe des ministres Verts, c’est de quitter le gouvernement. Comme si les commandants du Titanic avaient quitté leur poste dès le début du naufrage…

Les Verts sont décidément incorrigibles. Mettez-vous à la place des socialistes : ils ont signé un accord avec eux avant l’élection présidentielle. Les négociations ont été difficiles mais elles ont abouti. En échange d’une participation au gouvernement, les socialistes leur cèdent nombre de circonscriptions de manière qu’en cas de victoire, les écolos disposent d’un groupe autonome à l’Assemblée nationale. C’est cher payé, surtout si au bout de deux ans, ils claquent la porte !

L’accord Verts-PS ne disait pas qu’ils devaient rester 5 ans ensemble. M ais quand même, les socialistes sont en droit de s’interroger.

Ecoutez l’argument de Pascal Canfin pour justifier leur départ, en début de semaine sur France Inter :

Vous avez bien entendu ! Il explique calmement que les ministres ne pèsent pas sur la ligne politique. Donc en gros, que depuis deux ans, ils n’ont aucun pouvoir. Mais alors, pourquoi ne sont-ils pas partis plus tôt ? Après tout, c’est le président de la République qui fixe la ligne politique. Cette ligne n’a pas été décidée le 31 mars. Si on reprend les deux ans passés : François Hollande parle du CICE dès la fin de l’année 2012. Les écolos ne bougent pas. Le 14 janvier, au cours de sa conférence de presse, le président de la République lance le pacte de responsabilité. Là encore, les ministres écolos ne claquent pas la porte du gouvernement. **Ils avaient déjà fait connaître leurs divergences avec la politique de Manuel Valls quand il occupait le ministère de l’Intérieur. S** ouvenez-vous du clash quand, toujours sur votre antenne, Manuel Valls explique que la vocation des Roms est de rentrer chez eux. Cécile Duflot estime à ce moment-là qu’il est allé au-delà de ce qui met en danger le pacte républicain. Mais quelle conséquence en tire-t-elle ? Aucune, elle reste au gouvernement. Comme le disait un écologiste, qui rêve de devenir ministre, c’est le Président de la République qui fixe le cap. On le voit bien, Manuel Valls n’est qu’un prétexte. La vraie raison de ce départ, c’est le syndrome de Grenoble : la conquête de cette ville PS a fait croire aux écolos qu’ils pouvaient être devant les socialistes s’ils se présentent de manière autonomes. Un vieux rêve chez eux… Pour le moment ils assurent qu'ils ne sont pas dans l'opposition ! Mais la logique de ce départ et leur argumentation sur la ligne politique les poussera forcément à s’opposer au gouvernement, surtout s’ils veulent être devant le PS aux européennes dans un mois, aux régionales de 2015 et à la présidentielle de 2017… au risque de faire perdre la gauche dès le premier tour comme le 21 avril 2002 ! C’est juste l’inverse de la stratégie élaborée en 2011 par… Cécile Duflot elle-même !
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