Le congrès d’Europe-Ecologie-Les Verts s’est achevé dans la douleur le week-end dernier. Le parti est fragilisé, mais François Hollande et son Premier ministresont condamnés à s’en accommoder.

la popularité de françois hollande reste au plancher
la popularité de françois hollande reste au plancher © reuters

Il n’y pas si longtemps, Jean-Marc Ayrault se félicitait d’avoir eu la tête de Pascal Durand sans même l’avoir officiellement demandée. En septembre en effet, l’ancien secrétaire national des Verts avait lancé un ultimatum au gouvernement : six jours pour s’engager concrètement dans le dossier délicat de la « transition énergétique ». Une exigence inacceptable pour l’exécutif. Le Premier ministre a certes eu gain de cause, mais pour quel résultat au final : deux mois plus tard un parti écologiste encore plus divisé avec à sa tête une nouvelle dirigeante, Emmanuelle Cosse, mal élue. Avec 55% des voix seulement alors que son prédécesseur avait obtenu, en 2012, 96% des suffrages !

Et qu’a demandé la nouvelle et jeune dirigeante des Verts, qui est une proche de Cécile Duflot, la ministre du Logement ? Rien de moins qu’« un changement de cap » de la politique menée. Voilà des alliés du gouvernement qui le soutiennent comme la corde soutient le pendu.

Pourquoi François Hollande ne se sépare-t-il pas des Verts ? Jusqu’au printemps 2015, c’est compliqué, parce que jusque là, l’agenda est chargé: élections municipales, européennes, sénatoriales et surtout régionales. Le PS a besoin de ses alliés Verts, surtout dans les 21 régions que très souvent, ils dirigent ensemble. Déjà que le résultat risque de ne pas être très glorieux, le scénario serait encore pire après une scission avec les Verts. Davantage de régions risqueraient de passer à droite. Le calcul est d’abord électoral. Entre 2015 et 2017 François Hollande aura devant lui deux années blanches, sans élection. cela fait bien longtemps que ce n'était pas arrivé. Le chef de l’Etat se projette déjà dans cette séquence là avec une certaine gourmandise. Il ne sera pas gêné par de mauvais résultats dans les urnes qui affaiblissent toujours politiquement. Il espère en profiter pour regagner une popularité qui risque de lui faire défaut encore longtemps, bien sûr dans la perspective de 2017 et d’une nouvelle campagne présidentielle. Et il est certain qu’il se passerait bien dans cette phase de reconquête d’un allié indiscipliné et imprévisible comme Europe-Ecologie-les-Verts. Après 2015, ce serait donc le moment de trouver un autre partenaire plus coopératif… Sauf qu’Hollande n’en a pas ou…plus. Sur sa gauche, la stratégie de Jean-Luc Mélenchon, est l’autonomie. Il le réaffirme tous les jours et dimanche dernier encore dans la rue. Au centre, il y avait bien François Bayrou. Je parle au passé parce que le temps où le président du MoDem faisait les yeux doux à François Hollande en espérant même devenir son Premier ministre, ce temps là est révolu. François Bayrou s’est rapproché de Jean-Louis Borloo et s’est mué en adversaire déterminé du Président. Certains proches de François Hollande regrettent qu'il n'ait pas saisi lamain tendue. Au final, les Verts, c’est tout ce qu’il reste à François Hollande pour conserver quelques sièges de majorité d’avance jusqu’en 2017, mais aussi, à ce jour, un petit réservoir de voix à la prochaine présidentielle. Le Président fera tout pour maintenir cet attelage, même sous respiration artificielle. Hollande et les écolos, c’est un peu en-vert et contre tout.

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