Marine Le Pen et Nicolas Sarkozy ont été élus ce week-end à la tête de leurs formations politiques : c’est le début d’une guerre sans merci entre l’UMP et le FN

Le 1er mai 2014 M. Le Pen avec certains des nouveaux maire Front National
Le 1er mai 2014 M. Le Pen avec certains des nouveaux maire Front National © PHOTOPQR/LE PARISIEN / PHOTOPQR/LE PARISIEN

Le hasard du calendrier fait bien les choses, Eric. En effet, les deux chefs de l’UMP et du FN ne se feront pas de cadeaux. Tout d’abord, Nicolas Sarkozy déteste Marine Le Pen, qui a largement contribué à le faire battre en 2012, et la patronne du FN est prête à tout pour lui faire mordre la poussière une deuxième fois. Désormais, ces deux-là vont donc se livrer à une compétition acharnée pour la présidentielle.

Aucun des deux n’a en tête une logique d’alliance, c’est plutôt une guerre totale qui se prépare, où chacun va tout faire pour écraser l’autre.

Pourtant les sondages montrent que la moitié des électeurs de droite seraient favorables à une alliance

Mais les sondages montrent aussi que la gauche est aux abonnés absents et que les élections présidentielles se jouent entre la droite de gouvernement et le Front national. Et puis il y a pour le moment un désaccord de fond insurmontable entre les deux formations : la place de la France dans l’Europe.

Mais il y a tout de même des partisans d’une alliance à l’intérieur de chaque parti ?

C’était la conviction du très influent Patrick Buisson, l’ex-conseiller de Nicolas Sarkozy, mais, comme vous savez, il n’est plus vraiment en cour. Depuis, cette thèse n’est plus du tout en vogue à l’UMP. Il y aura peut-être des tentatives d’alliance lors des élections locales, mais elles ne tiendront pas. Quant au FN, Marine Le Pen elle se vante de présenter un parti en ordre de marche et prêt à ravir le pouvoir tout seul. Ecoutez-la, c’était sur France 2 dimanche soir :

Mais Marine Le Pen a-t-elle, comme elle le prétend, « une ligne politique cohérente et claire » ? Pas si sûr. Le succès de Marion Maréchal Le Pen face à l’hypermédiatique Florian Philippot est bien la preuve qu’il y a de la tension en interne, entre une ligne souverainiste et anti européenne que défend Philippot, et une ligne conservatrice sur les questions sociétales et beaucoup plus libérale en économie et moins anti-européenne, qu’incarne la benjamine de l’Assemblée nationale. La petite-fille de Le Pen est donc plus compatible avec la ligne de l’UMP tendance « droite forte ». Récemment encore, une députée UMP très médiatique me disait « elle pourrait être chez nous ». Mais Marine Le Pen a l’intention de maintenir sans fléchir sa ligne de sortie de l’Europe. C’est la dernière digue qui sauve l’UMP de l’implosion.

Sans alliance, selon vous, Marine Le Pen a-t-elle une chance d’accéder à l’Elysée?

Cela ne s’est jamais vu. Aujourd’hui, la seule ligne de démarcation infranchissable entre le FN et l’UMP est donc la sortie de l’euro. Marine Le Pen est persuadée que dans les deux ans qui viennent, l’ensemble de la zone euro va exploser et que le chaos qui s’en suivra la portera au pouvoir. Mais si ce n’est pas le cas, elle se retrouvera très seule, trop seule, pour franchir la dernière marche qui conduit à l’Elysée. Et elle trébuchera.

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