Voilà une info qui n'a pas fait les gros titres : depuis samedi, La République en Marche (le parti du Président), a un nouveau chef. Il s'appelle Stanislas Guérini et il a du pain sur la planche.

Ça s’est passé samedi, pendant que les Champs Elysées s’embrasaient, La République en Marche, dans les salons du pavillon Baltard à Nogent, désignait son nouveau patron, dans la quasi indifférence. Sachez d’ailleurs qu’à peine la moitié du Conseil national du parti a pris part au vote. Une élection qui résonne en fait comme un symbole d’un parti créé pour porter la candidature d’Emmanuel Macron puis devenu presque par hasard hégémonique à l’Assemblée nationale et qui aujourd’hui ne semble quasiment plus peser dans le débat politique si ce n’est – et c’est bien la moindre des choses – par sa  fidélité à celui qui l’a créé. « Il y a tout à faire et ce n’est pas gagné », me glissait hier, un cadre du parti entre dépit et lassitude.

Quelles sont les raisons de cette situation ?

Elles sont nombreuses. Tout d’abord, c’est un parti fait de bric et de broc, sans véritables structures et dont l’objet premier était de permettre à Emmanuel Macron de conquérir le pouvoir. Un parti, qui à l’image de son leader supposé « ni de droite ni de gauche », a grandi sur des bases idéologiques floues, rassemblant tout à la fois des néophytes de la politique et des déçus de gauche et de droite, tous soudain réunis dans un ensemble sans véritable cohérence. Il n’y avait au fond que le culte de la personnalité du chef pour rassembler les Marcheurs et donner l’illusion d’un parti. Aujourd’hui, l’illusion s’est effacée et La République en Marche apparaît comme un parti en déshérence – fut-il majoritaire à l’Assemblée – avec selon Stanislas Guérini lui même : un quart de ses membres qui sont réellement actifs.

Mais ce n'est pas comme ça pour tous les partis présidentiels sous la Ve République ?

Si vous pensez au « parti godillot », comme ce fut le cas du RPR ou du PS, oui, mais il n’y a pas que ça. Car il s’agissait pour ces partis de soutenir aveuglément leur chef par temps calme mais aussi et surtout dans la tempête. Or, on voit bien et de façon encore plus évidente depuis la crise des Gilets Jaunes que La République en Marche n’est pas un véritable soutien au chef de l’Etat et au gouvernement. Je dirais presque qu’elle est sans utilité. Et cette situation risque de se traduire cruellement pour les Marcheurs aux prochaines élections.

Sans cohérence ni ligne politique claire, sans véritable implantation dans les territoires, le jeune parti du Président a vieilli avant l’âge et n’est finalement pas si différent de ses ancêtres du vieux monde. Alors oui,  Stanislas Guérini, pour toutes ces raisons,  a sacrément du pain sur sa planche.

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