Ségolène Royal n’a plus de rôle politique actif et pourtant, elle n’en finit pas de faire parler d’elle…

Emmanuel Macron et Ségolène Royal, ici en mars 2016
Emmanuel Macron et Ségolène Royal, ici en mars 2016 © AFP / Thomas Samson

La réforme des retraites n’a pas que des adversaires parmi les syndicats. Ou les politiques, comme Mélenchon ou Marine le Pen. Il y a aussi une petite voix qui vient mettre une dernière pelletée de terre. C’est Ségolène Royal. Elle demande le retrait de la réforme. Elle défend même les régimes spéciaux.  

Si je parle de Ségolène Royal, c’est qu’elle est aujourd’hui ambassadrice des pôles. Elle a donc un bureau et un secrétariat au ministère des Affaires étrangères. Un statut officiel. Et pourtant, elle use et abuse de sa liberté de parole comme aucun diplomate n’oserait le faire. Et tout ça avec l’assentiment tacite du ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, qui ne l’a jamais recadrée.

Quant à Emmanuel Macron, il a même été tenté de la nommer commissaire européen. Elle faisait partie d’une liste de trois noms possibles. C’était avant l’été. Bref, Ségolène Royal tape sur le pouvoir qui en retour la cajole… Allez comprendre !

Le pouvoir se méfie du pouvoir de nuisance de Ségolène Royal

Il pense qu’elle sera beaucoup plus difficile à canaliser si elle est à l’extérieur du pouvoir. Alors, il la maintient contre vents et marées, y compris après les enquêtes de la cellule d’investigation de Radio France sur son travail réel comme ambassadrice des pôles

Et, je peux vous dire qu’on va encore entendre parler de l’ancienne ministre de l’Ecologie. Car elle prépare pour aujourd’hui un texte. A nouveau sur les retraites. Elle va le publier sur Facebook. 

Parallèlement, elle lance l’Artic Week, un symposium sur l’Arctique. 120 scientifiques qui ont rendez-vous la semaine prochaine au ministère des Affaires étrangères. Ça ressemble beaucoup à une opération pour faire taire les critiques. 

Et pendant les municipales que va-t-elle faire ?

Elle a prévue en janvier d’aller soutenir des candidats aux municipales, de toutes obédiences politiques, elle a déjà des noms. En choisissant des candidats dont le programme sera résolument écolo.  

Bref, elle va être un caillou dans la chaussure de l’exécutif encore un bon moment. D’autant que plus Macron va sur la droite et plus il tient à surveiller les leaders de gauche. Il y a Ségolène Royal mais il y a aussi Bernard Cazeneuve à qui il avait proposé d’entrer au conseil constitutionnel pour le neutraliser. Bon, Cazeneuve a refusé. Mais, on le voit, on peut vanter le nouveau monde et utiliser les bonnes vieilles ficelles de l’ancien monde… 

L'équipe
  • Marcelo WesfreidJournaliste au service politique du Figaro, en charge du suivi de l'exécutif.
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