L’UMP se divise une nouvelle fois sur sa stratégie à propos du Front national et ce dernier vient de démontrer qu’il n’est pas démocrate.

marion maréchal-le pen élue députée à 22 ans à carpentras
marion maréchal-le pen élue députée à 22 ans à carpentras © reuters

Nous l’avons déjà dit ici mais les circonstances donnent l’occasion de le rappeler : le Front national n’est pas un parti républicain. Et s’il n’y avait qu’une seule raison à cela ce serait sa défense d’une préférence nationale qui est totalement contraire à l’égalité qui figure dans la devise française. La République s’est accommodée de l’existence du Front national, mais faire avec ne signifie pas cautionner.

A défaut d’être républicain, on aurait pu penser que le Front national était un parti démocrate. Parce qu’il accepte le jeu démocratique pour espérer conquérir le pouvoir. Sauf qu’une déclaration la semaine dernière, de Marion Maréchal-Le Pen, atteste que si le FN respecte aujourd’hui la démocratie, il n’en fait qu’un strapontin qu’il s’empresserait de piétiner s’il arrivait aux responsabilités.

La semaine dernière, juste après la remise d’un prix de l’élu local à Steeve Briois, le maire d’Hénin-Beaumont, la nièce de Marine Le Pen a menacé le journaliste qui a prononcé un discours pour accompagner cette récompense. Je la cite : «Franchement c’est minable ! a-t-elle lancé. On va vous avoir. Quand ça va arriver, ça va vraiment vous faire mal ».

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Que faut-il y lire ? Tout simplement qu’en cas d’arrivée au pouvoir, le Front national n’hésiterait pas à s’en prendre à la liberté d’expression, de manifestation, à la liberté de la presse.

On pouvait le craindre, mais ce n’était pas dit. Voilà fait. Marion Maréchal-Le Pen a tout à fait le droit de ne pas apprécier le discours d’un journaliste, mais de là à le mettre en garde sur ce qu’il pourrait lui arriver, il y a un pas qu’un véritable parti respectueux de la démocratie ne peut franchir.

Alors on objectera que Marion Maréchal-Le Pen n’incarne pas à elle seule le Front national, mais elle en est un membre éminent. Mieux : elle incarne la relève de l’extrême droite.

Son propos soulève donc une vraie question : quels sont les projets du Front national en matière de droit d’expression et de presse ? A défaut d’interdire des médias, a-t-il la volonté d’instaurer des délits qui, sans y paraître, amoindriraient ces droits ? Un délit d’offense, de diffamation par exemple, plus étendu et que l’on trouve dans des pays peu regardants des principes démocratiques de base.

A force de ne pas vouloir diaboliser le FN ou le caricaturer, on finit par jouer son jeu et oublier de poser des questions sur ses intentions réelles et sur des matières essentielles. Bref, cette chronique aurait-elle pu exister sous un gouvernement Le Pen ? Vous l’aurez compris j’en doute fort.

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