Les nouveaux rebelles de la République ne viennent pas des rangs de l’opposition... Quel point commun existe-t-il entre le président du Medef, les conseillers d’Etat et un célèbre mathématicien peu connu pour son agressivité ? Tous, les uns après les autres, ont joué les insoumis.

Le patron des patrons, Geoffroy Roux de Bézieux, a demandé un nouveau vote pour permettre aux parents qui ont vécu l’épouvantable épreuve de perdre un de leurs enfants de rester plus longtemps en congé. Proposition de l’UDI qui n’avait pas eu l’heur de plaire à la ministre du Travail ni aux députés LREM.  Muriel Pénicaud a fini par faire volte-face.

Une semaine après avoir descendu en flèche la réforme des retraites, les conseillers d’Etat, corps dont est issu le Premier ministre Edouard Philippe, ont, eux, infligé un nouveau camouflet au gouvernement en annulant la partie la plus importante de la fameuse circulaire Castaner, grossière manœuvre pour tenter de rendre totalement illisibles les résultats des municipales. 

Quant à Cédric Villani, candidat dissident à Paris que le président espère encore, ont fait savoir ses conseillers, ramener au bercail, eh bien, aux dernières nouvelles, il court toujours la campagne et doit présenter son programme mercredi soir. 

Comment expliquer ce drôle de climat ? 

En fait, nous connaissons une période de flottement au plus haut sommet de l’Etat. Que va-t-il se passer après la réforme des retraites, vers où le président de la République veut-il emmener les Français ? A-t-il seulement un plan ? Tout est flou. 

Le pouvoir semble avoir perdu sa boussole et multiplie les fautes politiques. Dans une incroyable inversion des rôles, Marine Le Pen profite de ce bazar ambiant pour jouer les raisonnables. Dans la presse anglaise, vendredi, elle rodait son slogan. Elle ne veut pas, je cite, « organiser une révolution mais retourner au sens commun. »

Ce flottement suffit-il à expliquer cette perte d’autorité ?  

Sans doute pas complètement, on commence aussi à voir les effets de l’impasse politique dans laquelle nous sommes enfermés. 

Dans cette période de panne d’alternance, des voix s’élèvent. Qu’elles soient issues du patronat, des grands corps, voire même de la magistrature, elles essaient d’obtenir une sorte de rééquilibrage démocratique. 

Le risque est que l’on dérive peu à peu, comme le résumait la semaine dernière une ancienne ministre, vers une sorte de « cohabitation douce », avec un exécutif sous surveillance. 

Un scénario qu’Emmanuel Macron, qui aime à se dire maître du jeu ou des horloges, n’avait sans doute pas imaginé.  

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