Ce matin, comme c’est la tradition, le gouvernement se retrouve place Beauvau, pour la nouvelle année. Le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb est le maître des cérémonies. Un ministre dont vous nous dites qu’il joue un rôle clé auprès d’Emmanuel Macron. Franchement, qui l’eût dit ?

Le président de la République française ici entouré, à sa droite par Gérard Collomb et à sa gauche par Jean-Michel Blanquer
Le président de la République française ici entouré, à sa droite par Gérard Collomb et à sa gauche par Jean-Michel Blanquer © AFP / Christophe Petit-Tesson

Qui aurait imaginé un jour que Gérard Collomb, 70 ans, jouerait un tel rôle. On l’entend beaucoup, notre ministre de l’Intérieur. Que ce soit sur les faits divers, bien sûr, comme après Champigny sur Marne. Vous savez cette policière rouée de coups… 

Sur l’immigration aussi, où il a une vraie influence. Rappelons que pendant la campagne, Macron défendait des positions plutôt  généreuses. Ca a changé. Justement sous l’influence de Collomb, qui l’a convaincu de se convertir à une approche plus répressive, à l’image de la loi qu’il prépare. Ou des circulaires de Gérard Collomb sur les recensements à l’intérieur des centres d’hébergement.  

Collomb a acquis à un statut spécial. Quand il a quelque chose à dire au président, Collomb ne s’embarrasse pas. Il court-circuite le premier ministre. Il appelle directement Macron, dont il a été l’un des premiers soutiens.  

Collomb pilier du « nouveau monde », ce n’est pas un peu surprenant ? 

Si. Carrément. On a, avec Gérard Collomb, l’un des représentants de ce que le vieux monde a produit de plus emblématique. Un baron local, un super cumulard, un professionnel de la politique. Il est entré au PS à la même époque que Mitterrand ! Il a été député en 1981, il a été sénateur, il a été maire de Lyon.  

C’est un franc maçon assumé. Un homme d’appareil, aussi. Au PS, il avait un sous-courant considéré comme l’aile droite du Parti socialiste. 

Sur le plan des idées, Gérard Collomb est assez conservateur. Exemple, sur le mariage gay, il était plutôt contre.  

Il doit plaire à une partie de la droite alors ?  

C’est ce qui commence à poser problème à Macron. Il a bâti son gouvernement avec l’idée de constituer une équipe équilibrée. Avec de la droite, avec de la gauche. Sauf que cela se déséquilibre si dans votre quota de gauche vous avez des ministres plus à droite que beaucoup d’élus de droite.  

Si vous ajoutez à cela, que la ligne économique est assez libérale, on comprend mieux pourquoi Emmanuel Macron cherche maintenant à rééquilibrer sa politique. C’est le sens de son appel, le 31 décembre, pour que l’accent soit mis en 2018 sur la « cohésion sociale ». Macron doit remuscler sa jambe gauche. Et en matière de sécurité, ça va se traduire par la création d’une police de proximité. Au travail, Gérard Collomb. 

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