A l’Assemblée nationale, il y a des élus de la majorité qui font de leur expertise une étiquette politique.

Par Jannick Alimi.

On connaissait les ministres techniciens - qui passent d’ailleurs à partir d’aujourd’hui leur entretien d’évaluation. Mais il y a aussi, ce qui est plus surprenant pour des élus, des députés qui font de l’approche technicienne des dossiers le label de leur engagement politique. Ce sont par exemple, Stanislas Guérini, Cédric Villani, Amélie de Montchalin, Jean-Noël Barrot, et je peux vous en citer des dizaines d’autres… Ils sont tous à La République en Marche ou au Modem, et ils sont en général issus de la société civile. « Avec l’Europe et la fin du clivage droite-gauche, la reconnaissance du rôle de l’expert dans la cité revendiqué par Emmanuel Macron est l’une des principales motivations de mon engagement », nous explique Cédric Villani, référence mondiale en mathématiques.

Tous ces élus cherchent à sortir des postures idéologiques et partisanes 

Selon eux,elles sont à l'origine du blocage de la France dans le chômage de masse. Concrètement, aussi leurs méthodes de travail sont en pleine évolution. Prenez la loi Pacte sur le renforcement des PME, elle a été négociée pendant des semaines en amont du débat législatif. Les députés, de la majorité et de l’opposition, se sont organisés en groupes de travail et ont auditionné des dizaines de chefs d’entreprises, de salariés, dans le but, d’apporter les solutions les plus concrètes possibles. 

Même approche en matière de contrôle de l’exécutif. Les députés, moins bien armés que les ministères, militent pour qu’une instance d’experts, leur soit attribuée afin d’évaluer précisément les projets de loi et les politiques publiques mises en place par le gouvernement. Et ils vont probablement avoir gain de cause…

La vérité dite scientifique serait la seule ligne politique valable

C’est là où le bât blesse. Cette république positiviste à la Auguste Comte crée un malaise. A gauche, notamment, on s’inquiète de l’effacement progressif du débat politique au bénéfice d’une soi disant vérité objective qui s’imposerait à tous. Derrière les intentions louables de recrédibiliser le Parlement  se profilerait la mort lente de la controverse démocratique. Le passage vers « le nouveau monde », on le voit, est un chemin bien escarpé…

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