Deux congrès dans l’actualité : celui de l’UMP le week-end dernier et celui du PS qui débutera vendredi à Poitiers. Dans les deux cas, un même objectif : 2017 !

Il y a eu le Congrès pas vraiment refondateur de la droite, il va y avoir le Congrès pour la forme du Parti socialiste. A droite, les ambitions affichées de la grande refondation étaient hautes, mais elles n’ont pas beaucoup mobilisé. Nicolas Sarkozy a surtout consolidé son contrôle du parti.

A gauche, c’est un Congrès complètement stérilisé qui se prépare. L’opposition interne contre Hollande a été défaite, et la « fronde » s’est auto-dissoute, puisque Christian Paul, premier signataire de la motion des frondeurs, a déclaré au lendemain du vote : « Il faut tourner la page de la fronde parlementaire ». En réalité, le parti a d’ores et déjà validé la candidature de Hollande en 2017.

Bref, dans les deux cas, ce sont des mouvements en ordre de marche derrière leurs chefs pour les présidentielles.

Pourtant, tout montre que la crise de la politique se manifeste partout en Europe à l’encontre des partis traditionnels. Et les discours de la gauche comme de la droite sont en décalage : ils voient bien que l’opinion rejette les vieux partis, mais ils continuent comme avant, parce qu’ils estiment que la logique électorale leur dicte la bipolarisation. Déjà, en 2002, on avait connu la même difficulté : les sondages montraient que les Français ne voulaient pas d’un duel Jospin-Chirac. Tout le monde cherchait sans le voir un troisième homme, qui sera finalement Jean-Marie Le Pen. En 2007, c’est François Bayrou qui a failli être ce troisième homme. Et en 2012, Marine Le Pen a pris son ticket pour le prochain tour.

Nicolas Sarkozy lors du 1er congrès des "Républicains"
Nicolas Sarkozy lors du 1er congrès des "Républicains" © MaxPPP/EPA/Yoan Valat

Nicolas Sarkozy a bien compris cet enjeu. C'est pourquoi il explique que le nouveau nom de son parti est un appel à dépasser le vieux débat droite contre gauche, à rassembler très au-delà des frontières partisanes . Pourtant, il tire à boulet rouge contre Francois Hollande et son gouvernement. C’est toute sa contradiction ! Il parle d’ouverture, mais il s’oppose en sortant le bazooka. Il ne veut pas être accusé de collusion entre la droite et la gauche. Sa hantise, c’est le « tous les mêmes » que le FN dénonçait par la formule « UMPS ». Quand je l’ai interrogé récemment à ce sujet il m’a répondu : « le propre de la démocratie, c’est le clivage. Je clive, et je crée des réactions de rejet, ce qui est normal. Mais Hollande ne clive même pas. Il ne crée que du mépris ».

Quant à Hollande, il reste le président le plus impopulaire de la Vèm République, mais il paraît pour le moment déterminé à être candidat en 2017, la première chose qu’il fait est de remettre son parti sous contrôle.

Ces deux-là se détestent, mais ils connaissent le métier. Pour eux, l’aspiration à une autre manière de faire de la politique relève du discours. Ils savent que rien n’est possible sans le parti.

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