Rien ne va plus chez Les Républicains. Après la déroute historique de dimanche dernier aux Européennes (seulement 8,5% des suffrages), Laurent Wauquiez a démissionné hier soir de la présidence du parti.

Laurent Wauquiez
Laurent Wauquiez © Getty / Sylvain Lefevre

Ce départ va-t-il relancer la guerre des chefs, une guerre n’a d’ailleurs jamais vraiment cessé ? Les Pécresse, Bertrand et consorts se contentant ces derniers temps de laisser voguer le navire des Républicains sur la rive la plus droitière imposée par Laurent Wauquiez, en attendant qu’il sombre… Et c’est ce qui s’est passé.  

Autant dire qu’après le désastre de dimanche dernier, le patron de la droite - même s’il lui a fallu une semaine pour s’y résoudre - n’avait guère d’autre choix que de baisser pavillon. 

La guerre des chefs va donc pouvoir reprendre. Mais la vraie question c’est une guerre pour quel territoire ? 

Car en deux ans Laurent Wauquiez a transformé un parti de gouvernement en une sorte de micro-parti identitaire. Faisant fuir du même coup les électeurs de la droite à La République en Marche ou au Rassemblement national. C’est donc une formation rabougrie que les ténors de la droite vont désormais se disputer…  Lors de la présidentielle, il y a deux ans, François Fillon recueillait malgré tout 20% des suffrages.  

Une personnalité peut-elle encore rassembler unir la droite ?  

Le départ de Laurent Wauquiez va sans doute apaiser un peu le climat chez Les Républicains. Mais le rassemblement de la droite s’annonce très compliqué et pour plusieurs raisons : 

  1. D’abord parce que l’entreprise de siphonnage menée par Emmanuel Macron va s’accélérer. Et que celle du Rassemblement national n’est sans doute pas terminée. 
  2. Ensuite, et c’est peut-être là l’essentiel : parce qu’au-delà de la ligne identitaire de Wauquiez les Républicains n’ont aucune offre politique crédible et singulière. 

Et c’est parce qu’ils ont « cessé de penser » qu’ils ont pratiquement toujours perdu depuis 10 ans.  C’est donc sur les idées qu’on attend désormais les prétendants déclarés au leadership de la droite. Et le moins qu’on puisse dire c’est qu’il y a du boulot.  

La droite reste donc menacée de disparition comme l’a dit Nicolas Sarkozy ?  

En tout cas sous la forme d’un parti unique. Mais elle va continuer dans ses deux composantes, finalement traditionnelles, historiques:  l’une libérale, organisée autour du centre comme l’avait depuis longtemps imaginé Alain Juppé ou François Bayrou. Elle a déjà un parti c’est la République en Marche. L’autre nationaliste, pour laquelle se posera tôt ou tard la question de son rapprochement avec l’extrême-droite. A moins que le successeur de Laurent Wauquiez ne la ressuscite, la droite semble promise à sa dissolution dans le macronisme et dans le souverainisme.

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