Ce soir, lors du débat d’entre deux tours. Marine le Pen doit rattraper son retard. Et pour ca, elle va essayer de faire sortir Emmanuel Macron de ses gonds.

Emmanuel Macron - Marine Le Pen
Emmanuel Macron - Marine Le Pen © AFP / ALAIN JOCARD, Eric FEFERBERG

Par Marcelo Wesfreid

Mais ce n'est pas si simple. L’une des forces de Macron, c’est ce qu’il appelle la « bienveillance ». Il n’attaque jamais les personnes, il évite les petites phrases. Il ne fait jamais siffler ses adversaires. Il se rêve à mon avis en Dalaï Laima, dans cette présidentielle.

Cette attitude, elle lui permet de ne pas apparaître comme un politicien à l’ancienne. Et puis ça lui permet, et de ne pas dire du mal de ses petits camarades, et donc c’est une bonne tactique pour rassembler autour de lui…

Un exemple, parmi d’autres : quand on lui demande de dire ce qu’il pense de Valls, et on sait qu’il ne l’aime pas, Macron répond, sur Public Sénat : « je ne suis pas la pour distribuer les bons ou les mauvais points en politique je crois dans la bienveillance en politique ». Bref, la bienveillance c’est bien pratique pour ne pas se mouiller…

On découvre un Emmanuel Macron qui tape plus fort

Sauf que ces derniers temps, il a de plus en plus de mal à tenir cette posture. On peut même dire qu’il est en train de craquer. C’est la fin de campagne. Samedi, il nous accorde, au Figaro, une interview. En 5 lignes, il arrive à taper aussi bien sur Cambadélis que sur Baroin. Il dit en substance que Cambadélis n’est plus que le chef d’un parti qui pèse 6%, obsédé à l’idée de sauver quelques députés... Quant à Baroin, il veut être premier ministre de tout le monde, de Sarkozy, de Fillon et maintenant aussi de Macron.

Avant-hier, lundi, cette fois c’est en meeting que Macron se lâche. La foule se met à conspuer Dupont Aignan. Et là, Macron demande aux gens d’arrêter de siffler, comme d’habitude, sauf qu’il rajoute, c’est plus fort que lui, cette petite phrase, toute fielleuse : « ne le sifflez pas. Le pauvre, il avait déjà perdu, le voilà déshonoré. »

C’est donc le bon moment pour Marine Le Pen, ce soir. Macron se contrôle moins. Elle va essayer, Marine Le Pen, de dire que Macron est le candidat de la mondialisation, des banques, des médias, du système, de la finance. Elle va le canarder pour le déstabiliser. Le risque pour Macron ce sera de paraître prétentieux, hautain dans ses réponses et que sa bienveillance passe pour de la suffisance…

Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.