Il y a un petit jeu qui cartonne sur le réseaux sociaux. C’est mettre les politiques devant leurs contradictions les plus flagrantes…

Edouard Philippe, Premier Ministre
Edouard Philippe, Premier Ministre © AFP / Ludovic Marin

II n’a pas fallu attendre longtemps. Dès qu’Edouard Philippe a annoncé, samedi, qu’il enclenchait le 49-3 des internautes sont allées exhumer l’archive qui tue. Il s’agit d’une vidéo de 2016 où le même Edouard Philippe, alors député d’opposition, dénonce le recours, justement au 49-3 par Manuel Valls.

(Son de 0'56 à 1'16)

Dans le même genre, certains ont ressorti les déclarations de Gérald Darmanin ou de Bruno le Maire qui s’en prenait à la « déliquescence » du gouvernement. 

C’est devenu plus facile de dénicher des perles ? 

Avant, il fallait soit avoir une mémoire phénoménale soit passer sa vie aux archives. Maintenant, le moindre internaute retrouve de vieilles interviews. Cela prend quelques secondes. C’est simple et cela n’épargne personne. 

Ces derniers jours, une photo de Mélenchon datant de 17 ans circule beaucoup. On y voit le chef de file des Insoumis à côté de Michel Rocard, qu'il soutenait à la tête du PS. Un premier ministre qui avec 28 passages en force, demeure le recordman absolu du 49-3. Ces rappels historiques sont souvent drôles, mais ils alimentent l’idée que les politiques n’ont aucune conviction, que ce sont opportunistes, qu’ils vont là où le vent les mène. 

Les politiques font désormais attention à leurs archives… 

Ils effacent de plus en plus de messages. Regardez Gaspard Gantzer. Il vient de rallier Agnès Buzyn dans la course à la mairie de Paris. Mais juste avant, il a retiré un tweet où il s’en prenait à la même Agnès Buzyn : "Comment ? Déserter le gouvernement en pleine crise de l’hôpital ?" Pas de bol, ce tweet a été retrouvé. 

Ces archives permettent, c’est positif, qu’on ne raconte pas n’importe quoi. Mais elles ont un défaut : on n’admet plus qu’un politique puisse mûrir une réflexion, changer d’avis, se rendre compte qu’il a eu tort. Et j’arrête-là avant que vous alliez fouiller dans les archives de France inter pour me mettre en porte à faux avec d’anciennes chroniques. En tout cas, tout ça alimente l’idée que les politiques n’ont aucune conviction, que ce sont opportunistes, qu’ils vont là où le vent les mène.

L'équipe
  • Marcelo WesfreidJournaliste au service politique du Figaro, en charge du suivi de l'exécutif.
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