Emmanuel Macron est en train de ringardiser la classe politique, au point que certains voient en lui le Kennedy français.

Emmanuel Macron à la sortie du Conseil des ministres le 15 octobre
Emmanuel Macron à la sortie du Conseil des ministres le 15 octobre © Radio France

Il crève l'écran : 36 ans et déjà ministre de l'Economie! Et si je vous en parle, c'est parce que sa cote d'influence vient de faire un bond de 13 points d'un coup dans un sondage BVA. 58% des Français ont une bonne opinion de lui, c'est l'institut Odoxa qui le dit. Avouez que pour un énarque, ancien banquier de chez Rothschild avec un compte en banque plutôt rondelet, c'est une performance. Et pourquoi ça marche ? Parce qu'il brise les codes, il met les pieds dans le plat. Les 35 heures ? Au tapis ! L'assurance-chômage ? Ca suffit ! Et dans un monde politique un peu trop techno, ça détonne. Alors parfois, ça casse aussi, comme quand il parle des « illettrés » des abattoirs Gad. Mais est-ce que ça choque, au fond, en dehors du microcosme ? Pas sûr. Il a même réussi à faire battre nos petits cœurs avec sa « love-story » avec son ancienne prof, Brigitte, qui a vingt ans de plus que lui.

Et il y a un signe qui ne trompe pas : à peine nommé, il a déjà sa marionnette aux Guignols, « Bébé Macron ». Une consécration. Montebourg, lui, avait attendu huit mois. On écoute un extrait :

Certains prêtent déjà à Macron un brillant avenir

Notamment certains amis de François Hollande, qui se disent que Manuel Valls a peut-être eu tort de vouloir le nommer au gouvernement, qu'il s'est peut-être créé un dangereux concurrent. Un proche du Président me disait : « Macron est en train de ringardiser Valls, il lui pique la palme de la modernité ! » Jacques Attali, qui est un peu le mentor de Macron, l'imagine même président de la République ! Et Attali, c'est quelqu'un qui a du pif.

C'est lui, souvenez-vous, qui avait donné leur chance à deux jeunes, François Hollande et Ségolène Royal. Il l'a dit sur BFM :

Que révèle cette « Macron mania » ?__

Alors, ne soyons pas dupes, il a des bons communicants, Emmanuel Macron : l'agence Havas, l'ancienne Euro-RSCG.

Mais c'est quand même révélateur d'un gros problème de renouvellement de la classe politique, d'une immense lassitude face au côté « on prend les mêmes et on recommence ». Il y a une soif de nouveauté. Et le match retour annoncé entre Hollande et Sarkozy, soyons honnêtes, ça ne fait rêver personne ! Comme si les Français disaient à leur classe politique dinosauresque : faites la place aux jeunes... ou on prendra Marine Le Pen !

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