Par Renaud Dély

Arnaud Montebourg  lors de sa visite à la Camif le 27 octobre 2016 à Niort
Arnaud Montebourg lors de sa visite à la Camif le 27 octobre 2016 à Niort © AFP / Guillaume Souvant

L’ ancien ministre de l’Economie, Arnaud Montebourg n’est plus le même. Lui aussi, il a changé…. Sauf que pour Montebourg, c’est vrai.

Je l’ai rencontré récemment pour un long entretien publié dans Marianne, et je l’ai à peine reconnu. Finis les grands moulinets avec les bras, les envolées lyriques, la grandiloquence qui frôlait parfois le ridicule, Arnaud Montebourg, s’est acheté une conduite. A 54 ans, il était temps, non ?

D’abord il vous accueille dans un modeste local de campagne situé au fin fond du quatorzième arrondissement de Paris. Quelques mètres carrés, de grands murs blancs, des locaux sobres, impersonnels, modestes : comme le nouveau Montebourg.

Et tout au long de l’entretien, il se retient. Lui qui a toujours adoré se moquer de François Hollande, qu’il appelait « Flamby », et qu’il considérait comme « le seul défaut de Ségolène Royal », lui qui ne ratait jamais une occasion d’insulter Jean-Marc Ayrault ou de brocarder Manuel Valls, tout ça c’est terminé ! Pas un mot plus haut que l’autre.

Cet assagissement est pensé, réfléchi, évidemment, et c’est parce qu’il veut jouer au Président. Pour faire sérieux, le Don Quichotte de la Bresse a décidé d’arrêter de charger les moulins à vent, de s’emporter à tout bout de champ. Montebourg a même un modèle, une référence : un certain François Mitterrand. Ce sage qui était enraciné dans la même Bourgogne d’élection que lui, ce « Sphinx » capable de « laisser du temps au temps ». C’est dingue ce qu’il est à la mode Mitterrand : Mélenchon, Hollande, Montebourg, tout le monde se l’arrache…

Le problème, c'est que cette nouvelle stratégie ne marche pas vraiment. Montebourg patauge un peu dans les sondages et ses idées, ses discours, ses interviews : rien n’imprime vraiment. Pire, sa métamorphose finit par désespérer certains de ses proches. Ils ne le reconnaissent plus. « Se déguiser en bonze, ça ne lui va pas bien au teint et personne n’y croit » me disait l’un d’eux, il y a quelques jours. Si bien que les mêmes n’ont plus qu’un véritable espoir pour redonner des couleurs à leur Arnaud : que François Hollande annonce vite sa candidature.

S’il retrouve sur le ring son punching-ball préféré, ils en sont certains, Montebourg finira bien par retrouver la gniaque pour cogner dessus !

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