Par Nathalie Schuck.

Bruno Le Maire en meeting le 27 septembre 2016
Bruno Le Maire en meeting le 27 septembre 2016 © AFP / Thomas Samson

Bruno Le Maire, le troisième homme de la primaire à droite, qui se voit un fabuleux destin n’arrive pas à transformer l'essai dans les sondages.

La dernière fois que je l'ai vu, il m'avait dit, très sûr de lui : « la décantation se passe exactement comme je le voulais ». Son plan devait se dérouler sans accroc : début octobre, il devait se hisser à 15-20% des intentions de vote, laisser la deux-chevaux de Francois Fillon sur le bas-côté, coller à la roue des deux bolides Sarkozy et Juppé, les doubler en klaxonnant et s'imposer au finish au second tour de la primaire.

Il fallait l'entendre prédire l'effondrement de Sarkozy ou railler la « stratégie de l’iceberg de Juppé, tellement gros qu'il ne doit pas fondre avant la ligne d'arrivée ». Mais patatras : la semaine dernière, plusieurs sondages l'ont donné en baisse à 11-13%, scotché à cette maudite troisième place. Hier, il a répété qu'il gagnerait la primaire. Qu'est-ce qui le rend si sûr de lui ?

Je ne sais pas s'il surjoue ou pas, mais à chaque fois qu'on le voit, en off, c'est un festival de rodomontades, au point que beaucoup à droite le pensent atteint du syndrome, fréquent en politique, de la « melonite aiguë ».

Je vous livre un petit florilège de mes derniers échanges avec lui :

J'ai 47 ans, l'âge de Barack Obama quand il a été élu président. Cet été, j'ai serré 4600 mains, je les ai comptées. En 2017, je serai à l'Elysée, c'est moi le prochain président.

Et je ne vous rappelle pas le désormais fameux « mon intelligence est un obstacle ».

Les cartes de la primaire peuvent être rebattues, c'est pour ça qu'il a raison d'y croire. Les amis d'Alain Juppé, par exemple, font le pari que Nicolas Sarkozy est peut-être en train de décrocher à cause des affaires. Ça n'est pas pour rien que Bruno Le Maire s'est fendu d'un tweet pour donner le détail de ses comptes de campagne au beau milieu de l'émission Envoyé spécial sur Bygmalion. Il sait que les juges vont annoncer, peut-être dans les prochains jours, s'ils renvoient l'ancien président devant un tribunal.

Hier, Le Maire a brûlé ses vaisseaux en annonçant qu'il ne soutiendrait personne s'il n'était pas au second tour. Il est prêt à tout, même à verser quelques larmes chez Karine Le Marchand et à raconter qu'il aime autant Proust et Rimbaud que Les Tuche ou Camping... Comme dit son copain Thierry Solère : « il est mort de faim » !

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