Les syndicats, les retraités, les fonctionnaires défilent contre la loi Travail, le Medef, lui, adjure le gouvernement de ne rien lâcher.

Par Jannick Alimi

« Business as usual » pourrait-on dire et c’est un New Deal qui se met en place.

« C’est la dernière station avant l’autoroute. » Ces propos, à la fois inquiets et optimistes, c’est un patron qui les tient. Et que veulent-ils dire ? Que si le gouvernement ne va pas au bout des réformes, loi travail, mais aussi, chômage, formation, retraites, les entreprises, leurs salariés et la France seront définitivement en panne. « Tout le patronat est prêt à se mobiliser », me confie encore cet entrepreneur. Les DRH des grands groupes vont bientôt faire savoir urbi et orbi qu’ils vont se lancer dans la grande aventure des accords d’entreprise. Et faire vivre sur le terrain la flexibilité à la Macron.

Mais les syndicats sont de moins en moins prêts à suivre. La CGT partie seule au combat est désormais, rejointe par la base de FO et même de la CFDT. Mais la CGT ne veut pas se faire récupérer par la France insoumise, la CFDT s’est trop engagée pour ne pas aller au bout de la réforme Pénicaud et FO, dont je vous le rappelle un des anciens négociateurs est le directeur de cabinet adjoint de Muriel Pénicaud, la ministre du Travail, n’a pas intérêt à perdre le rôle privilégié qu’elle a reconquis grâce à Emmanuel Macron. Le patron d’une des fédérations FO les plus remontées contre la confédération me disait que personne ne demandait le départ de leur leader Jean-Claude Mailly, dont, par ailleurs, le mandat arrive à échéance en avril prochain.

En ouvrant une nouvelle page politique, Macron cherche aussi à écrire une nouvelle page du modèle social bâti après la seconde guerre mondiale. Il veut que les patrons s’engagent, recrutent des apprentis et embauchent... Il veut aussi que les syndicats en finissent avec leurs postures dogmatiques. Macron pour arriver à ses fins, manie le bâton et la carotte. Le bâton : ce serait nationaliser Pôle Emploi et interférer dans l’argent de la formation, en clair, remettre en cause le paritarisme cher aux partenaires sociaux. La carotte : ce serait de ne pas trop toucher au système et puis aussi, cerise sur le gâteau pour les syndicats, je peux vous l’annoncer, assurer un financement plus transparent mais aussi plus stable des syndicats représentatifs. Ce sera l’objet d’un deuxième volet de réformes. Si patronat et syndicats se tiennent bien.

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