Saviez-vous que nous sommes à un an du bi-centenaire de la commémoration de Waterloo ? Qu’on me pardonne cette comparaison douloureuse, maisle ballet des récentes nominations à Bruxelles ressemble à un Waterloo diplomatique pour Paris.

Et cette fois-ci, ce n’est pas l’Angleterre qui gagne la bataille, ce sont les Allemands et les Italiens.

Vous me direz, c’est un peu normal, puisque la gauche européenne a perdu les élections. Angela Merkel a donc fait la nouvelle équipe à sa main, avec le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, qui est président de la Commission, et le Polonais, Donald Tusk, qui est le nouveau président du Conseil européen.

Mais, de son côté, le patron de la gauche italienne, Matteo Renzi, a eu tous les culots. Pourtant son compatriote Mario Draghi est déjà président la Banque centrale européenne, sans doute la responsabilité la plus importante de la zone euro. Mais Renzi a quand même décroché de haute lutte le poste de Haut Représentant pour sa ministre des Affaires étrangères, Federica Mogherini.

un nouveau portefeuille européen, l’investissement, pour pierre moscovici?
un nouveau portefeuille européen, l’investissement, pour pierre moscovici? © reuters

La France misait tout sur la candidature de Pierre Moscovici. François Hollande en fera un Commissaire européen, mais il est resté vague sur la définition du poste. On a parlé des Affaires monétaires. C’est peu probable, car on y place en général un candidat issu d’un petit pays pour cette fonction de gardien des traités. Un élu du Parlement européen résume le sentiment général : « Moscovici va avoir un portefeuille vide que l’on va habiller en le nommant vice-président de la commission ».

Hollande a quand même réussi à défendre un agenda en faveur de la relance ! C’est ce dont il s’est toujours vanté, dès son entrée en fonction.

Ecoutons-le, c’était le 14 juillet 2012 :

Depuis, les experts ont tranché : il n’y a pas eu un plan de relance spécifique en 2012 – les 120 milliards de l’époque étaient depuis longtemps dans les tuyaux.

Minoritaire politiquement dans une Europe à droite, Hollande n’a jamais réussi à ressusciter les grandes heures de l’axe franco-allemand. Il n’a jamais su gagner la confiance d’Angela Merkel et la rassurer sur les réformes qu’il était vraiment prêt à faire, en échange d’une relance allemande.

L’eurodéputée centriste Sylvie Goulard me rappelait qu’il fut_ un temps où« Mitterrand pour la gauche et Helmut Kohl pour la droite se mettaient d’accord sur les nominations sans les politiser_ ».

Mais ce temps est révolu. Même le nouveau plan d’investissement européen mis en avant pas Hollande parait bien peu de chose. Trois cent milliards sur trois ans, c’est moins de 1% du PIB européen chaque année.

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Alors donnons la parole à la défense. Un proche de Hollande, débordant d’optimisme, me glissait hier : « La bonne comparaison n’est pas Waterloo. C’est 1914. En septembre 14 les Allemands étaient sur la Marne, attendez 1917 ! ».

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